Robert Redford : l’acteur-réalisateur qui faisait l’unanimité

Décédé à l’âge de 89 ans, la légende du cinéma américain, acteur-réalisateur à succès et militant démocrate et écologiste avant l’heure, est aujourd’hui salué par tous. Y compris Donald Trump. Un exploit dans une Amérique plus divisée que jamais.

 

Avec Paul Newman, disparu avant lui, ils faisaient partie des icônes masculines d’Hollywood.

 

Il va non seulement manquer à ses fans, qu’ils soient amateurs de son jeu d’acteur charismatique ou de son exceptionnelle beauté à la fois virile et romantique, mais aussi à la cause démocrate et écologiste -dont il était un farouche défenseur bien avant que cela ne devienne un must-, au cinéma indépendant, pour lequel il avait créé un Festival et enfin aux…chevaux, à l’oreille desquels il murmurait.

 

Parti en plein sommeil

 

Robert Redford a quitté cette planète à l’âge de 89 ans, en plein sommeil, le mardi 16 septembre, à son domicile situé dans les montagnes de l’Utah.

 

Mais le monstre sacré du cinéma américain restera vivant à jamais, irradiant les multiples chef-d’œuvre dans lesquels il a joué ou qu’il a réalisé.

 

Né le 18 août 1936 à Santa Monica, en Californie, d’un père laitier devenu comptable et d’une mère au foyer, il tient son côté artiste de cette dernière.

 

Enfant et adolescent rebelle, il arrive à se canaliser grâce au sport et rêve de devenir joueur de baseball.

 

Mais celui qui est aussi en quête d’ailleurs, lecteur assidu, amateur de jazz, puis voyageur (après l’université, séjourne un temps en Europe, notamment à Florence puis à Paris, où il étudie les Beaux-Arts) va finalement trouver sa voie dans cet art qui permet de vivre plusieurs vies et envies à la fois : le cinéma.

 

Remarqué par Broadway puis Hollywood

 

Diplômé de l’American Academy of Dramatic Arts à New York, il démarre une carrière professionnelle au théâtre à la fin des années 1950, à Broadway avant de se faire remarquer par Hollywood.

 

Affiche de Butch Cassidy et le Kid, le film qui fit de Robert Redford une star en 1969  © 20th Century Fox

 

Après un premier grand rôle au cinéma, en 1966, dans La Poursuite impitoyable, sa carrière de star internationale va décoller dès 1969 avec le film de western culte “Butch Cassidy and the Sundance Kid” (Butch Cassidy et le Kid), de George Roy Hill, dont il il partage l’affiche avec une autre future icône du cinéma américain, Paul Newman.

 

Ce ne sera que le début d’une carrière éblouissante, avec 70 rôles à son actif, souvent aux côtés d’autres légendes hollywoodiennes, telles que Meryl Streep, Mia Farrow, Barbra Streisand, Faye Dunaway ou Dustin Hoffman, et sous la direction des plus grands réalisateurs.

 

Robert Redford en compagnie de Barbara Streisand dans le film Nos Plus Belles Années de Sydney Pollack, 1973  © TriStar Pictures, Inc. All Rights Reserved

 

Parmi ses films les plus marquants, on peut citer L’Arnaque de (encore) George Roy Hill (1973), Nos plus belles années (1973) ou Les Trois Jours du Condor (1975), tous deux de Sydney Pollack , Gatsby le Magnifique, de Jack Clayton (1974), Les Trois Jours du Condor, de (encore) Sydney Pollack (1975), Les Hommes du président de Alan J.Pakula (1976), Out of Africa de (encore et toujours) Sydney Pollack (1985)…

 

Il avait tourné dans son dernier film, “The Old Man and the Gun”, de David Lowery, en 2018, où il campait un gentleman braqueur de banques.

 

Même succès de l’autre côté de la caméra

 

Mais Robert Redford avait aussi parfaitement réussi à passer de l’autre côté de la caméra, tournant en 1980, “Des gens comme les autres”, récompensé par à la fois l’Oscar (et le Golden globe pour la deuxième catégorie) du meilleur film et du meilleur réalisateur. D’autres films, Au milieu coule une rivière (1992) ou L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (1998) ont aussi marqué les cinéphiles, par leur sensibilité et leur plaidoyer sans lourdeur pour la nature.

 

Robert Redford en compagnie de Dustin Hoffman dans le classique du film d’investigation, Les Hommes du Président d’Alan J. Pakula, 1976 © Warner Bros./Sunset Boulevard/Corbis

 

Robert Redford aura ainsi réussi à conserver son capital sympathie tout au long de sa carrière, qu’il incarne un journaliste intègre en quête de vérité, parvenant à révéler le scandale du Watergate et causant la chute de Robert Nixon dans “les Hommes du Président”, ou qu’il incarne un sympathique escroc comme dans Butch Cassidy et le Kid ou L’Arnaque.

 

Son talent le fait aussi apprécié de la profession, qui lui décerne plusieurs récompenses, dont l’Oscar d’honneur en 2002 et le César d’honneur en 2019.

 

Devenu producteur, il fonde, en 1981, le festival de Sundance dans l’Utah où il possède sa propriété. Celui-ci est devenu la référence internationale du film indépendant, lieu de révélation de talents comme ceux de Quentin Tarantino, Steven Soderbergh ou Darren Aronofsky.

 

Deux mariages

 

Dans sa vie réelle, Robert Redford s’est marié deux fois, d’abord avec la productrice, Lola Van Wagenen de 1958 à 1985, dont il a eu quatre enfants : Scott Anthony, Shauna, Amy et James. Il connaît le drame de perdre ses deux garçons, Scott terrassé à 5 mois du syndrome de la mort subite du nourrisson, et James, décédé à l’âge de 58 ans d’un cancer du foie.

 

En 2009, l’acteur avait convolé en justes noces avec l’artiste peintre et photographe allemande, Sibylle Szaggars, elle aussi engagée écologiste.

 

Celle qui était sa cadette de 21 ans aura vécu avec lui jusqu’à son dernier souffle.

 

Dernier exploit

 

En disparaissant d’un monde actuellement plus clivé que jamais, Robert Redford aura réussi un dernier exploit.

 

Robert Redford, devant et derrière la caméra dans L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux, 1998 © Wildwood-Touchstone

 

Malgré son engagement connu dans le clan démocrate -en 2016, Barack Obama lui avait décerné la médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute récompense civile aux Etats-Unis- il a été salué par Donald Trump dans un hommage sans ambiguïté. « Il y a eu des années où il n’y avait personne de meilleur « , a commenté le président américain.

 

Pour l’actrice Jane Fonda, compagne de combat de l’acteur et dont les idées sont à des années lumières de Donald Trump, Robert Redford “incarnait une Amérique pour laquelle nous devons continuer à nous battre”.

 

Mettre d’accord aujourd’hui Jane Fonda et Donald Trump, le fait est suffisamment rarissime pour être souligné…

 

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Photo à la Une : Robert Redford dans Les Trois Jours du Condor © Paramount/Dino de Laurentiis

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