Classé le 2ème meilleur hôtel du monde par The World’s 50 Best Hotels 2025, le Four Seasons Bangkok est un chef d’œuvre architectural. Pensé comme un resort balnéaire, l’art, la gastronomie et le bien-être dialoguent avec le fleuve Chao Phraya. Un havre de paix au cœur d’une capitale vibrante.
Il y a les city hôtels cinq étoiles. Et puis, il y a le Four Seasons Bangkok. On vient à Bangkok pour séjourner au Four Seasons, car l’expérience est exceptionnelle et restera gravée dans notre mémoire.
Inauguré en 2020 dans le quartier historique de Charoen Krung, en pleine renaissance créative, l’établissement s’étend sur 3,6 hectares. Il a été imaginé par l’architecte et designer belge Jean-Michel Gathy, figure majeure de l’hôtellerie contemporaine en Asie. Ici, pas de tour vertigineuse dominant le skyline. Le luxe s’exprime à l’horizontale. Terrasses ouvertes, patios, jardins suspendus, bassins miroitants: cet hôtel prend le contrepied des gratte-ciel environnants. Le message est subtil, mais clair : le prestige ne se mesure pas en hauteur, mais en respiration. Un geste architectural presque politique.

Dès l’entrée, le ton est donné. Dans le hall, haut de huit mètres, le vacarme de Bangkok a disparu comme par magie. L’air semble plus dense, la lumière plus contrôlée.
Les références thaïlandaises sont présentes, mais jamais décoratives. De vastes tentures de pierre sont ornées d’éléphants qui semblent marcher dans la savane.
Les espaces sont monumentaux comme si l’on pénétrait dans un temple du XXIème siècle. Les murs texturés évoquent les plis de robes monastiques. Face à eux, un plan d’eau minéral ponctué de rochers noirs et d’arbres soigneusement disposés dialogue avec les grandes baies vitrées.
Jean-Michel Gathy déploie un luxe feutré : mobilier aux lignes enveloppantes, bois sombres, tapis épais, palette de blancs, gris, beiges et bronzes ponctuée d’orange safran — clin d’œil à la spiritualité bouddhiste. L’ensemble évite toute ostentation. Le raffinement se niche dans les détails avec des sculptures, des chandeliers et des jeux de lumière savamment étudiés.
Couloirs ouverts, patios extérieurs, bassins et jardins créent des échappées visuelles constantes. On circule de manière fluide, on s’isole facilement. Et l’on a un sentiment immédiat de sérénité.
L’art comme fil conducteur
Le Four Seasons ne se contente pas d’exposer quelques œuvres : il intègre l’art dans son ADN. « Un partenariat avec le MOCA (Museum of Contemporary Art Bangkok) permet de présenter des artistes thaïlandais dans le cadre d’expositions qui sont régulièrement renouvelées », souligne Paponpat Sapsuwan, en charge des relations publiques de l’hôtel.

Les grandes toiles abstraites aux couleurs vives dialoguent avec les énormes bouquets posés sur des meubles-pianos. Ils n’ont rien à envier à l’élégance et au panache de ceux du George V à Paris. L’ensemble apporte une touche parfaite de gaieté à ces vastes espaces épurés.
On remarque un long ruban doré ondulant sur un fond laqué noir. « C’est la lumière se reflétant sur le fleuve Chao Phraya la nuit », nous dit-on. Au pays du Bouddhisme, on nourrit son esprit de la culture du beau.
Un épicentre social
En quelques années, le Four Seasons s’est imposé comme l’un des épicentres de la capitale thaïlandaise. Un lieu où l’on vient pour séjourner, voir et être vu, dîner, célébrer un événement… Il est un point de rencontre pour la scène créative locale, la jet-set internationale, les entrepreneurs et les voyageurs avertis.

Le bar intérieur structure cette vie sociale. Ouvert toute la journée, il est disposé au centre des différents salons baignés de lumière naturelle. On peut s’installer au comptoir, près des baies vitrées donnant sur les jardins, ou autour d’une grande table en bois qui favorise les conversations spontanées.
À l’extérieur, de larges dalles minérales traversent une végétation luxuriante. On flâne, on s’attarde sur un banc, on médite. L’hôtel réussit l’exploit d’être un havre de paix au cœur d’une capitale frénétique.
Ici, tout est simple, tout est facilité grâce à un personnel souriant et très attentionné. Pas étonnant que cet établissement iconique ait reçu deux Clefs Michelin en octobre 2025.
Le bien-être absolu
Si l’adresse cultive l’énergie sociale, elle excelle aussi dans l’art du retrait.
Le spa, vaste sanctuaire contemporain, propose une approche holistique : massages aux herbes thaïlandaises, rituels ayurvédiques, deep tissue au bambou, drainage lymphatique… La carte conjugue traditions régionales et techniques internationales. Les thérapeutes, souvent formés aux pratiques locales, adaptent les soins aux besoins spécifiques ou désirs du moment. Sauna, hammam et espaces de relaxation prolongent délicieusement le lâcher-prise.
Tous les jours, des activités sont proposées. Demain matin, on testera à 8 heures le cours de yoga sur la terrasse et, plus tard, la méditation guidée.

L’espace aquatique composé de trois grandes piscines et d’un jacuzzi face au fleuve participent pleinement à l’illusion balnéaire. On oublie que l’on est dans l’une des métropoles les plus vibrantes d’Asie. Transats ou kingbeds de plage, l’atmosphère évoque davantage Phuket ou Koh Samui.
Un petit clin d’œil en passant : c’est au Four Seasons de Koh Samui que des scènes de la série du Lotus Blanc (saison 3) ont été tournées.
Allongés sur un transat semi-immergé, on savoure un drink tandis que les plus sportifs utilisent le bassin de nage. A l’ombre d’un arbre, ou au soleil, c’est le bonheur absolu. Il n’y a rien à ajouter, il n’y a rien à enlever.
Le coucher de soleil irise le ciel de nuances rosées et orangées. Le fleuve devient spectacle.
Avant et après dîner : le BKK Social Club

Le BKK Social Club s’est rapidement hissé parmi les adresses les plus prisées d’Asie, figurant dans la liste The World’s 50 Best Bars. Inspiré par l’esprit vibrant de Mexico City, ce lounge bar compose des cocktails d’auteur accompagnés de bouchées mexicaines. « Le Tout Bangkok » vient s’y amuser.
Dès la tombée de la nuit, l’ambiance s’installe sur fond de rythmes latinos : lumière tamisée, banquettes en cuir profond, mobilier avec des touches d’Art Nouveau. On se surprend à imaginer que l’on va croiser l’artiste Frida Kahlo, mais l’on entamera plutôt la conversation avec nos charmants voisins Italiens.
« Ici, les cocktails ne sont pas de simples boissons: nous racontons des histoires, des émotions », explique Philip Bischoff, le chef barman qui nous propose un mélange audacieux à base de mezcal et de plantes locales. Ce bar est incontestablement le passage obligé pour les amateurs de mixologie … (et de cigares) qui apprécient une ambiance festive.
Trois adresses culinaires
La cuisine thaïlandaise est l’une des meilleures au monde. Le Four Seasons propose certes une cuisine Thaï au bord du fleuve, mais il met en avant des chefs étrangers pour les locaux et les nostalgiques de leur pays. Trois adresses se distinguent par leur identité forte et sont fièrement recommandées par le guide Michelin.

Le restaurant cantonais Yu Ting Yuan offre une atmosphère sereine, avec vue sur un grand bassin aquatique, des lumières tamisées et d’immenses bouquets rouges. On y observe la préparation des plats dans la cuisine ouverte, une chorégraphie de gestes précis au milieu de la vapeur. Le Menu Expérience en sept séquences est un joli voyage gustatif. Mais l’on peut s’en échapper pour goûter au canard laqué, croustillant à souhait et servi avec des crêpes maison et condiments délicats.
Autre temps fort : Palmier, une cuisine signée par le chef Guillaume Galliot qui a décroché les trois étoiles Michelin au Caprice à Hong-Kong. Le restaurant Palmier incarne l’élégance d’une brasserie française où l’on peut aussi bien déguster un croque-monsieur que des cuisses de grenouilles ou une sole meunière. Le tournedos Rossini, avec son foie gras poêlé et sa sauce aux champignons, est exquis.
Lors de ce dîner en terrasse avec vue sur le fleuve, on apprécie la douceur de l’air. Et l’on applaudit l’inattendu feu d’artifice lancé d’un bateau pour fêter l’anniversaire de l’un des convives. C’est la classe au Four Seasons !

L’Italie vous manque ? Cap sur Riva del Fiume qui a des allures de trattoria chic sur les rives du Chao Phraya. La carte met l’accent sur les pâtes faites maison, les pizzas cuites au feu de bois et produits de saison. La pizza Margherita, accompagnée d’un verre de Barolo, fixe ce moment de dolce vita.

Que penser des chambres ? Notre coup de cœur est une chambre Premier avec vue sur Chao Phraya d’une généreuse superficie de 50m2. L’immense baie vitrée permet d’admirer le soir les pirogues illuminées de mille feux qui filent sur le fleuve alors que l’on s’enfonce dans un matelas d’une douceur inégalée.
Des paravents très esthétiques ouvrent sur la salle de bains en marbre qui dispose d’une baignoire profonde et d’une douche à effet de pluie. Délicate attention : un linge brodé aux initiales du client est posé près du lavabo.

Il y a une profusion de choix d’alcools dans le mini bar, mais l’on opte sagement pour un thé vert que l’on déguste avec plaisir confortablement installé sur la méridienne blanche. Difficile de quitter ce merveilleux cocon, mais le petit-déjeuner nous attend.
Le petit-déjeuner est sans contexte l’un des plus spectaculaires parmi les petits-déjeuners d’hôtel que nous ayons pu tester. A la carte, sont préparés des plats à la minute. Mais l’on peut passer une commande personnalisée auprès du chef, comme par exemple des blinis avec caviar. Les buffets sont pantagruéliques combinant les classiques occidentaux, des spécialités asiatiques et des créations signées par la brigade de cuisine. On ne sait plus où donner de la tête. Tout est tellement délicieux …
Lors d’une balade le long du fleuve, un détour par le Café Madeleine permet de s’offrir une parenthèse gourmande avec des viennoiseries et des pâtisseries françaises haut de gamme. Toujours l’excellence française bien enracinée sur cette terre thaïlandaise !
Que faut-il retenir ?
Le Four Seasons, établissement de renommée mondiale, donne la merveilleuse illusion d’être dans un resort balnéaire. Il offre un grand choix d’expériences artistiques, gastronomiques, sensorielles. Pendant deux ou trois jours, mieux vaut en profiter pleinement, faire une retraite hédoniste avant de visiter Bangkok.
Ce que l’on a aimé:
- L’architecture monumentale et horizontale qui crée un sentiment immédiat de sérénité.
- Les très beaux tableaux d’art contemporain thaïlandais en partenariat avec le MOCA.
- L’espace aquatique et ses trois piscines.
- Le très grand confort des chambres Premier avec vue sur le Chao Phraya.
- Les pantagruéliques buffets du petit-déjeuner.
- Le BKK Social Club, sa mixologie inventive et son ambiance festive.
Quel est le prix d’une chambre ?
En basse saison :
- à partir de 450 euros la nuit en chambre double avec petit-déjeuner
- à partir de 760 euros la nuit en chambre double Premier vue sur le fleuve, avec petit-déjeuner.
Et si on y allait ?
Four Seasons Bangkok
300/1 Charoen Krung Road, Sathorn
Tél : + 66 (0)2 032 0888
Site web : https://www.fourseasons.com/bangkok/
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Photo à la Une : L’espace aquatique et les trois piscines du Four Seasons à Bangkok © Four Seasons Bangkok