Quand Anna Wintour rencontre Miranda Priestly : la cover Vogue qui fait basculer la légende

À quelques semaines de la sortie du deuxième volet du Diable s’habille en Prada 2, Vogue orchestre une rencontre inédite entre Anna Wintour et son double cinématographique, Miranda Priestly/ Meryl Streep. Une image puissante qui scelle enfin le lien entre la mode réelle et l’archétype de l’impitoyable rédac-chef de magazines de mode.

 

Celle qui a longtemps incarné la papesse de la mode dans le monde réel, Anna Wintour ne s’est jamais vraiment rapprochée de Miranda Priestly. Depuis 2006 et la sortie du film The Devil Wears Prada, l’ex rédactrice en chef de Vogue US a cultivé une distance avec ce double fictionnel devenu culte. Car si le prestige d’avoir inspiré un personnage pouvait booster l’égo de la papesse de la mode, le côté tyrannique et antipathique de Miranda Priestly ne mettait guère en exergue sa joie de vivre et sa gentillesse.

 

L’actrice est parvenue à inscrire durablement la figure de la boss lady glacial du monde de la mode, aussi intransigeante et crainte que sarcastique.  Elle a ainsi donné naissance à de nombreux clones de fiction au cinéma, tel la Baronne, campée par Emma Thompson dans le film Cruella (2021) mais aussi – et plus surprenant – dans la publicité avec les cafés Carte Noire en 2016.

 

À l’époque, même la promotion du film évitait soigneusement toute comparaison trop frontale, même si le public faisait un parallèle assez net avec la journaliste, lunettes noires vissées sur le nez, coupe carrée stricte et sourire figé. Et puis, en 2026, tout bascule : pour la première fois, Anna Wintour ne contourne plus le mythe – elle l’embrasse.

 

Une interview par Greta Gerwig

 

C’est une image qui semblait impossible. Et pourtant, elle existe : Anna Wintour et Meryl Streep réunies en couverture de Vogue. Photographiée par Annie Leibovitz, la scène est millimétrée, presque cinématographique. Les silhouettes sont nettes, les sourires complices, les lunettes noires évidemment au rendez-vous. Mais ici, rien ne relève de la caricature. On retrouve les deux femmes assises côte à côte sur deux chaises de manière naturelle ou à l’intérieur d’un ascenseur, en écho aux scènes du premier film où Miranda Priestly en sortait pour rejoindre son bureau devant des employés craintifs.

 

Le génie de cette cover réside dans sa subtilité : au lieu d’opposer réalité et fiction, elle les fusionne. Miranda Priestly n’est plus une satire, Anna Wintour n’est plus une inspiration supposée – les deux figures coexistent dans un même espace visuel, comme deux expressions d’un même pouvoir. 

 

Un détail qui ne trompe pas : Le Diable s’habille en Prada est à l’origine un best seller de librairie sorti en 2003 écrit par Lauren Weisberger, laquelle y racontait son expérience en tant que stagiaire au sein de l’univers impitoyable du magazine Vogue… à l’époque dirigé par Anna Wintour. D’autres sources évoquent également Cruella d’Enfer, Martha Stewart ou encore le fantôme de Joan Crawford dans *Mommie Dearest*.

 

Lors d’une récente apparition dans The Late Show with Stephen Colbert, l’actrice américaine de 76 ans a toutefois levé le voile sur ses véritables inspirations pour élaborer le personnage de Miranda Priestly – à savoir une fusion de ses expériences avec les réalisateurs Mike Nichols (Le Lauréat, Working Girl…) et Clint Eastwood. Soit deux manières de diriger un plateau de cinéma, l’humour malicieux pour le premier, l’éthique du travail et le refus catégorique d’hausser le ton, mettant tout le monde sur le qui vive pour le second.

 

 

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Pour orchestrer cette rencontre, Vogue a choisi Greta Gerwig – réalisatrice de Barbie – pour mener l’interview. Un choix loin d’être anodin : Gerwig sait mieux que personne comment jouer avec les icônes et les réécrire.

 

“Un immense honneur d’être incarnée par Meryl”

 

“D’abord, je tiens à dire que c’est un immense honneur d’être incarnée par Meryl, même si Miranda est très éloignée de moi. […] Ce que j’aimais dans le premier film, c’est qu’il montrait à quel point la mode est une industrie immense, qui a une force de frappe économique mondiale. Évidemment, beaucoup de choses ont changé depuis. Mais je préfère penser que nous évoluons plutôt que de nous effondrer” explique Anna Wintour dans l’interview de Vogue.

 

Puissance et influence de la presse mode, famille, équilibre vies professionnelle et privée… L’actrice et la directrice artistique et responsable du contenu mondial de Condé Nast ont évoqué une pluralité de sujets, rendant possible cette liaison entre fiction et réalité. Si l’on en apprend plus sur les deux protagonistes, la cover de Vogue a aussi une forte visée promotionnelle, alors que David Frankel, réalisateur du premier volet sorti en 2006, rempile avec ce deuxième opus. 

 

 

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Lors de la cérémonie des Oscars 2026 déjà, un clin d’œil avait aussi été réalisé pour promouvoir le film. Au moment de remettre le prix du costume, Anne Hathaway (Andy Sachs) s’était tournée vers Anna Wintour pour lui demander conseil sur sa tenue, avant que celle-ci ne détourne le regard comme l’aurait fait Miranda Priestly. 

 

Un film bientôt au cinéma

 

En effet, cette cover n’arrive pas par hasard. Elle accompagne la sortie très attendue du Diable s’habille en Prada 2, diffusé dès le 29 avril 2026 en France, le 1er mai aux Etats-Unis. Si les détails restent encore partiellement confidentiels, le film devrait plonger Miranda Priestly dans une industrie en pleine mutation, entre réseaux sociaux, autres influences médiatiques et nouvelles puissances digitales.

 

 

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Meryl Streep reprend son rôle iconique, Anne Hathaway revient en Andy Sachs, Emily Blunt est également attendue, tout comme Stanley Tucci en Nigel. Lady Gaga devrait aussi faire une apparition surprise, même si rien n’a pour l’heure été confirmé. 

 

Quant au décor, si New York sera encore à l’écran, Milan devrait également s’offrir un coup d’éclat sans pareil avec, paraît-il, une scène clé du film devant l’emblématique Duomo. De quoi booster encore plus le tourisme dans la capitale lombarde offrant un coup de projecteur à l’Italie, tout comme Rome avec Emily in Paris saison 3 et 4.

 

Ultra attendu par le public, 20 ans après le premier opus, le film devrait participer à l’émergence de nouvelles tendances autour de la Boss Lady et des looks de cocktails modernes. 

 

Lire aussi > Qu’attendre de la comédie musicale « Le Diable s’habille en Prada » ?

 

Photo à la Une : Annie Leibovitz – VOGUE

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