Mes bons plans pour une « escapade slow life » à Saint-Tropez… l’après Brigitte Bardot

Hors saison, Saint-Tropez dévoile son visage intime. Entre refuges hôteliers, terrasses légendaires et restaurants de rêve, voici mon carnet d’adresses d’un Saint-Tropez élégant, poétique et sincère.

 

Village iconique, Saint-Tropez est sans équivalent. Unique au monde, il nous rappelle la douceur des années 1950 alors que Roger Vadim tournait « Et Dieu créa la femme ». Il nous rappelle aussi que la vie est fragile : Brigitte Bardot n’est plus là. Elle vivait retirée à La Madrague, dévouée à la cause animale, loin des excès de la jet-set et de l’ambiance bling-bling. « Sur la plage abandonnée. Coquillages et crustacés… » Ces paroles résonnent ici avec une mélancolie particulière.

 

Les nostalgiques de la Nouvelle Vague et des années d’insouciance préfèrent séjourner à Saint-Tropez en dehors de la folie de l’été. Ils ne boudent pas pour autant les évènements qui rythment l’agenda : Les Chefs fêtent les producteurs (début mai), La Bravade (mi-mai), Le Prix littéraire de La Ponche (fin mai), Les Voiles de Saint-Tropez (fin septembre), Paradis Porsche (octobre) ou encore La Grande Braderie (fin octobre). 

 

Car c’est bien hors saison que Saint-Tropez dévoile son visage intime. Le soleil est tendre, l’eau est à une température agréable, les terrasses des restaurants respirent. Les journées s’étirent lentement entre bains de mer, déjeuners improvisés les pieds dans le sable, flâneries dans ruelles fleuries et cocktails savourés dans la lumière dorée des couchers de soleil. 

 

Voici ma sélection d’adresses et d’échappées belles pour découvrir un Saint-Tropez intime, sincère et poétique – en mode slow life. 

 

Trouver un refuge dans un hôtel de rêve … à l’abri de l’agitation tropézienne

 

Le bar de l’AREV Saint-Tropez, nouveau fleuron de l’hôtellerie tropézienne dans un esprit évoquant les Hamptons. ©Corine Moriou

 

Nouvelle génération de l’hôtellerie tropézienne, AREV – « soleil » en arménien – porte bien son nom. À quelques minutes seulement de la place des Lices, ce boutique-hôtel procure immédiatement une sensation précieuse : celle d’être attendu.

 

Organisé autour de la place des Oliviers, l’établissement évoque un mini-village provençal où l’on ralentit naturellement le rythme. Le restaurant gastronomique The Strand et le champagne lounge célèbrent une Méditerranée raffinée et solaire. La sole magnifiquement découpée par le serveur Pierre est suivie d’une tarte tatin à la poire. Les soirées prennent parfois des airs de parenthèse suspendue lorsque la chanteuse Myriam Abel revisite Édith Piaf avec émotion.

 

On aime la décoration un brin théâtrale imaginée par le designer madrilène Luis Bustamante. Les différents espaces et les 35 chambres et suites mêlent les bleus profonds et les rouges éclatants dans un esprit évoquant les Hamptons revisités sous le soleil de Provence.

 

Autour de la piscine chauffée, les conversations ralentissent. Quelques hôtes s’essaient au padel tandis que d’autres enfourchent un vélo électrique chic ou partent en Méhari explorer les plages alentour.

 

AREV Saint-Tropez — à partir de 630 euros la chambre en basse saison.

 

La Bastide de Saint-Tropez, une institution au charme intemporel, nichée dans un jardin luxuriant. DR

 

Membre Relais & Châteaux, La Bastide de Saint-Tropez cultive avec élégance l’art du refuge discret. Elle accueille de fidèles clients qui veulent échapper aux fiestas tropéziennes. Ici, pas de musique intempestive : seuls le chant des oiseaux et le bruissement des palmiers accompagnent les journées. 

 

Niché au milieu des oliviers, des cyprès et des bougainvilliers, cette oasis de paix s’articule autour d’une maison de maître et de quatre mas provençaux baignés de lumière. Les 26 chambres mêlent tons écru, ocre et jaune solaire dans un esprit classique et raffiné. Les œuvres délicates de la céramiste Olivia Cognet donnent un cachet tout particulier à cet ensemble haut de gamme. 

 

À l’heure du déjeuner, la terrasse du restaurant L’Isoletta nous accueille sous des parasols blancs. Le chef Luca Binaschi célèbre une Italie généreuse et méditerranéenne : risotto aux cèpes, poulpe alla Luciana, bar délicatement grillé… Une cuisine sincère qui épouse parfaitement l’atmosphère des lieux.

 

La Bastide de Saint-Tropez appartient à cette catégorie d’hôtels qui traversent les modes sans jamais perdre leur âme.

 

La Bastide de Saint-Tropez — à partir de 518 euros la chambre en basse saison.

 

Le restaurant Vista « bohème chic » de l’hôtel Lily of The Valley avec, en contrebas, la plage de Gigaro. DR  

 

À vingt minutes seulement de Saint-Tropez, Lily of the Valley semble suspendu entre ciel et mer, dans le site protégé du Cap Lardier. En contrebas, la plage de Gigaro déroule son sable blond face à une Méditerranée éclatante.

 

Imaginé par Philippe Starck, cet hôtel au nom poétique puise son inspiration dans le mythe des jardins de Babylone. Terre brute, bois blond, cuir naturel, marbre poli : tout ici dialogue avec la nature environnante. 

 

Des chambres aux immenses suites avec piscine privée, l’esprit bohème chic séduit immédiatement. Au restaurant Vista, les couchers de soleil deviennent un véritable spectacle. On s’y attarde volontiers, un plaid sur les épaules, face aux derniers reflets ambrés sur la mer.

 

La cuisine du chef Vincent Maillard (ex Ducasse) exalte avec finesse les saveurs méditerranéennes. Mention spéciale pour le soufflé à la noix de pécan, devenu presque culte.

 

Mais ce qui distingue Lily of the Valley, c’est son approche ultra pointue de la remise en forme. Ce véritable sanctuaire du bien-être s’étend sur 2 000 m² et dispose d’une piscine de 25 mètres. Programmes sportifs, nutrition, soins anti-âge : célébrités et grands patrons viennent ici se ressourcer discrètement sous l’œil attentif d’une équipe chevronnée et du nutritionniste Jacques Fricker. Ouvert toute l’année, le mois d’octobre affiche déjà presque complet ! 

 

Lily of the Valley — à partir de 760 euros la chambre en basse saison.

 

Flâner dans Saint-Tropez, faire quelques emplettes, contempler…

 

Le port de Saint-Tropez du côté des bateaux de pêche ©Corine Moriou

 

Le port de plaisance (et toujours de pêche) est le cœur battant de Saint-Tropez. Le matin, l’air y a une fraîcheur presque inattendue. Dans le quartier historique de La Ponche, le silence domine. Les volets s’ouvrent lentement, les pas résonnent sur les pavés. Sur la minuscule place aux Herbes, les pêcheurs déchargent encore leur arrivage pendant que les étals de fleurs, de fruits et de légumes parfument les ruelles voisines.

 

Sénéquier, « the place to be » pour prendre le pouls de Saint-Tropez et retrouver ses repères. ©Corine Moriou

 

Chez Sénéquier, l’institution rouge flamboyant du port, on s’offre volontiers un petit-déjeuner accompagné d’une brioche au sucre et à la fleur d’oranger. Les habitués préfèrent les tables du fond (jamais en première ligne !). A partir de 11 heures, ils font le débriefing des soirées de la veille et s’échangent des invitations pour les fêtes à venir. 

 

La terrasse du Sube est également bien fréquentée; elle offre une vue plongeante sur les yachts immaculés aux silhouettes fières et lignes parfaites. A défaut de trouver une table sur la minuscule terrasse, le bar anglais et ses maquettes de bateaux offrent une délicieuse atmosphère rétro.

 

Les ruelles sont bordées de boutiques de luxe, de glaciers, de galeries d’art, de bijoutiers… Au 16 rue de La Ponche, la créatrice Francesca Dana, gemmologue de formation, imagine des pièces uniques de haute joaillerie entièrement réalisées à la main à Venise. Diamants, turquoises, perles de Tahiti, aigues-marines composent des bijoux originaux et splendides … qui font leur cinéma. Les plus blasés des milliardaires viennent y faire leurs emplettes. 

 

La place des Lices, bien connue pour ses tournois de pétanque, se transforme les mardi et samedi matin en un grand marché. Un rendez-vous incontournable pour remplir son panier et renouveler sa garde-robes. Les stands de fringues ont gagné du terrain sur les étals de tomates et choux fleurs. Les addicts de mode y trouvent une jupe, une veste, un sac de plage séduisant… Chez Sable et mer, les marinières bleues, roses ou vertes remportent toujours le même succès. Preuve que l’esprit marin demeure indissociable de Saint-Tropez.

 

Et puis il y a la fameuse tarte tropézienne, créée en 1955 et popularisée par Brigitte Bardot. Impossible de résister à ce délice sucré. Tant pis pour la ligne.

 

Envie d’une parenthèse contemplative ? A l’écart du centre, La chapelle Sainte-Anne mérite l’ascension. Perchée sur une colline au milieu des pins et des cyprès, elle domine la baie dans un silence presque irréel. Mick Jagger et Bianca Pérez y célébrèrent leur mariage en 1971. Ici, le temps semble suspendu.

 

Visiter des musées de légende… et s’immerger dans l’histoire de Saint-Tropez

 

Installé dans l’ancienne gendarmerie de la ville, Le Musée de la Gendarmerie et du Cinéma est devenu culte grâce à la saga du « Gendarme de Saint-Tropez » avec Louis de Funès. Uniformes, objets de tournage, reconstitutions et photographies replongent les visiteurs dans l’âge d’or du cinéma tropézien. Les films mythiques tournés à Saint-Tropez – « Et Dieu créa la femme », « La Piscine » « Bonjour Tristesse » ou encore « L’Année des méduses » – rappellent combien le village fut un décor de cinéma à ciel ouvert. 

 

À travers ces souvenirs flotte toujours l’image lumineuse de Brigitte Bardot. Plus qu’une star, elle fut ici une révolution. Une femme libre avant l’heure qui transforma pour toujours l’image de Saint-Tropez dans le monde entier.

 

En face du musée de la Gendarmerie, la statue en bronze de Brigitte Bardot inaugurée en 2017 alors qu’elle fêtait ses 83 ans. DR

 

Le Musée de l’Annonciade constitue une autre merveille tropézienne. Installé dans une chapelle du XVIe siècle, il est l’un des plus beaux petits musées de France. Il abrite une exceptionnelle collection de peintres nabis, fauves et néo-impressionnistes : Signac, Bonnard, Matisse, Derain, Vlaminck… Tous furent fascinés par cette lumière si particulière qui dore les façades au coucher du soleil et transforme la mer en miroir argenté.

 

Dans une maison typiquement tropézienne, la Maison des Papillons rassemble quant à elle l’étonnante collection de Dany Lartigue, peintre et entomologiste. Une visite poétique et délicate, presque hors du temps.

 

Enfin, il faut grimper jusqu’à la Citadelle qui fût édifiée au XVIIème siècle pour protéger la ville des assauts. Là-haut, Saint-Tropez apparaît dans toute sa splendeur : les toits ocres, la mer infinie, les collines bleutées au loin. C’est un excellent poste d’observation des régates au moment des Voiles de Saint-Tropez. C’est aussi l’occasion de visiter le Musée d’histoire maritime et de plonger dans le passé de la cité corsaire. 

 

Siroter un cocktail signature dans un lieu idyllique… et oublier son portable

 

Au sein de l’Hôtel Ermitage, le TIGrr est devenu l’un des repères les plus prisés de la Côte d’Azur. C’est le spot idéal pour admirer le coucher du soleil sur le golfe de Saint-Tropez. On s’enhardit à commander un cocktail signature Kamikaze (vodka et fruit de la passion) accompagné d’un plateau de nems, sushis et dim sums. Il n’y a rien à ajouter, tout est parfait. 

 

La terrasse du TIGrr à l’Hôtel Ermitage et la magie du coucher du soleil. DR

 

Derrière une discrète façade du centre-ville, le Pan Deï Palais dévoile quant à lui une atmosphère digne des Mille et Une Nuits. Dans le jardin illuminé, au bord de la piscine turquoise, les soirées prennent une dimension presque irréelle. 

 

Envie d’un retour à la simplicité ? Les Tropéziens de souche (et les autres) se retrouvent volontiers dans le jardin de l’Hôtel Les Palmiers, face à la célèbre place des Lices. Fauteuils en osier, lumière douce, on se détend dans ce havre de paix. Imbattable pour l’ambiance bon enfant et les prix très raisonnables.  

 

Déjeuner (ou dîner) dans un restaurant réputé… et savourer une cuisine solaire

 

L’Hôtel La Ponche, le plus petit cinq étoiles de Saint-Tropez, n’a rien perdu de son âme. 

 

Dans la salle du restaurant, on imagine encore les conversations de Françoise Sagan, les éclats de rire de Brigitte Bardot ou le saxophone de Boris Vian. 

 

Aujourd’hui, c’est le rendez-vous d’une joyeuse faune d’écrivains et d’intellectuels de Saint Germain-des-Prés. Le chef, Simon Pinault, régale les convives d’une soupe de poissons de roche, de la pêche grillée du jour, d’un filet de bœuf aux girolles et de l’incontournable mousse tiède au chocolat. 

 

La terrasse du restaurant de l’Hôtel La Ponche dans le quartier historique. DR

 

Sous les platanes de la place des Lices, Luna Rossa propose une savoureuse escapade en Italie du Sud. Antipasti raffinés, linguine al dente, poissons parfaitement cuits : tout y respire la dolce vita. A l’intérieur, on aime la table ronde pour six personnes dans un décor d’alcôves mettant à l’honneur des artistes céramistes.

 

Dans une ruelle du vieux Saint-Tropez, le BanH-Hoi transporte les convives entre Thaïlande et Vietnam : une cuisine parfumée et raffinée dans un cadre exotique. Certaines tables font face à la vue pittoresque de la place de L’Ormeau. 

 

Quant au Pearl Beach, voisin de La Bouillabaisse, il est également une valeur sûre pour déjeuner face à la mer dans une ambiance décontractée. Mieux vaut réserver pour accéder au roof top. 

 

Enfin, sur la route des plages, La Pomme de Pin est une adresse que les habitués se transmettent de bouche à oreille. Sous la tonnelle, cette table familiale offre une cuisine italienne et sarde généreuse. Simple, authentique et bon marché. 

 

Direction la plage des Salins ©Corine Moriou

 

————— À découvrir aussi pour prolonger la douceur tropézienne————-

  • Tester à 8 heures le cours de yoga organisé par l’Hôtel La Ponche sur la plage de La Ponche, là même où fut tourné « Et Dieu créa la femme ». 
  • Longer la côte du centre-ville jusqu’à la plage des Salins en passant par les plages des Canoubiers et de la Moutte, entre criques sauvages et villas cachées sous les pins. 
  • Préférer le Club 55 parmi les plages privées de Pampelonne pour la douceur d’y lézarder au soleil sans décibels dans les oreilles et profiter au restaurant de son excellente paella, ses poissons grillés et sa sangria. 
  • Découvrir les eaux cristallines de la plage sauvage de l’Escalet, entre le cap Camarat et le cap Taillat, idéale pour un pique-nique et le snorkeling.
  • Flâner dans le village médiéval de Grimaud, s’attarder sur le port, puis déjeuner au Château Rose, nouveau fleuron de l’hôtellerie tropézienne (doté d’une immense piscine et d’un shala) dont la décoration est signée Sylvie Ranger. 
  • Se balader dans les ruelles escarpées de Gassin avant de dîner à La Villa Belrose, réputée pour sa gastronomie et sa vue spectaculaire sur le golfe. 
  • Chiner le dimanche matin à la brocante de Cogolin avant de rejoindre La Garde-Freinet, un charmant village provençal avec quelques galeries d’art. 

 

 

A LIRE AUSSI >25ème édition des Voiles de Saint-Tropez : le rendez-vous des amoureux des plus belles régates au monde | Luxus Magazine

 

Photo à la Une : La magie de Saint-Tropez pendant la semaine « Les Voiles de Saint-Tropez », fin septembre-début octobre. DR

Tags

Luxus Magazine recommends

5 juin 2026

Escale iconique… Monaco

Une fois par mois, Luxus Magazine met le cap sur une destination en France ou ailleurs, pour découvrir

S’abonner pour recevoir Luxus Magazine

Luxus Magazine #14

Disponible maintenant !