Le Prix de Diane Longines se tiendra ce dimanche 14 juin à l’hippodrome de Chantilly. Si ce rendez-vous est incontournable dans le sport, il l’est plus encore pour l’hommage qu’il rend à l’élégance et à son accessoire phare qu’est le chapeau. Retour sur l’histoire de sa présence sur les pistes.
Concours d’élégance

«N’oubliez pas de porter un chapeau, l’accessoire incontournable pour cette Garden Party chic et glamour». C’est écrit noir sur blanc. Sur le site du Prix de Diane Longines qui se tiendra ce dimanche 14 juin, le dress code est strict : «sortez le grand jeu avec une tenue chic» et venez équipé de votre plus beau couvre-chef. «Qu’il soit de créateur, petit, grand, orné, extravagant, original ou personnalisé… Tous les styles seront les bienvenus et s’intégreront parfaitement à l’ambiance de l’événement», est-il indiqué.
Les chapeaux et l’attachement à l’élégance sont devenus essentiels à la course, à tel point qu’un concours d’élégance a été organisé sur les réseaux sociaux du Prix de Diane. Les gagnants qui auront envoyé le plus beau look en photographie, gagneront leur place parmi les finalistes de ce même concours qui se déroulera le jour de la course.
Pour comprendre les origines de l’ancrage de cet accessoire, il faut remonter à la deuxième moitié du XIXe siècle, lorsque les classes supérieures de la société se retrouvaient pour cet événement mondain. Né en 1843, le Prix de Diane Longines a vu dès ses premières éditions l’émergence de cette passion pour les chapeaux. Outre sa fonction première qui est de protéger les spectateurs du soleil, il s’est imposé comme un marqueur d’élégance et de statut social dans les plus hautes sphères de la société.
Un chapeau pour chaque espace
Avant le Prix de Diane, il y a le Royal Ascot. Fondée en 1711, cette course britannique a toujours été renommée pour ses consignes strictes en matière de dress code. À mesure que la réputation de l’événement grandissait, ses exigences vestimentaires ont automatiquement influencé les amateurs de courses du monde entier, qui s’inspirent de l’élégance et du raffinement des invités royaux.
D’après les règles actuelles du Royal Ascot, chaque chapeau a son espace dédié. En effet, il existe quatre enclos différents pour les spectateurs de la course : le Royal Enclosure (le plus prestigieux), le Queen Anne Enclosure, le Village Enclosure, et le Windsor Enclosure. Pour le Royal Enclosure par exemple, les femmes doivent se parer d’un couvre-chef d’un diamètre minimum de 10 cm. De leur côté, les hommes doivent porter un haut-de-forme noir ou gris.
Pour l’espace Queen Anne, les femmes peuvent s’autoriser le port d’un fascinator, une variante du bibi plus audacieuse. Les hommes, eux, n’ont pas l’obligation de couvrir leur tête.
Les courses hippiques, des témoins des évolutions vestimentaires
Alors que les chapeaux des courses hippiques sont devenus des incontournables, des marqueurs d’un style personnel et de statut social, ils ont également permis d’observer l’évolution du style vestimentaire et des mœurs à travers les époques.
Pendant la période édouardienne au Royaume-Uni, correspondant à la Belle Époque en France et dans le reste de l’Europe, les femmes privilégiaient alors de grands chapeaux ornés de plumes, souvent accompagnés de voiles sophistiqués. Ces derniers ont ensuite laissé leur place au style flapper pendant les années 1920 et 1930, gage de l’identité joyeuse des femmes qui souhaitaient exprimer leur liberté grâce à des tenues audacieuses et modernes.

Dans les années 1950, les hippodromes ont assisté à l’émergence du bibi, un chapeau de petite taille qui se pose sur le côté de la tête. Il se caractérise par son élégance et sa voilette qui couvre le haut du visage. Qu’il s’agisse de faire honneur à la tradition ou de mettre en avant son goût pour la mode et ses extravagances, le chapeau demeurera un élément essentiel du spectacle des courses hippiques.
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Photo à la Une : © Pierre Costabadie