Le télétravail en 5 chiffres

Le travail à distance ou télétravail a connu un développement progressif à partir des années 1970 avant de connaître une nette accélération et d’être mis en pleine lumière lors de la pandémie de covid. Pourtant, à peine 55 ans après son avènement, le dispositif, vanté comme un modèle de flexibilité et de productivité, est aujourd’hui renié par un nombre croissant d’entreprises Outre-atlantique qui y voit déjà une menace dans le travail collaboratif autant que pour la culture corporate. 

 

Le télétravail est né dans les années 1970. A l’époque, le principal fournisseur de services téléphoniques aux Etats-Unis, l’American Telegraph Téléphone, fait figure de pionnier. La France doit attendre 23 ans et le gouvernement d’Edouard Balladur pour voir le télétravail commencer à être pris en compte en 1993. 

 

Avec le Covid et le premier confinement décrété en France le soir du 16 mars 2020 par le président Emmanuel Macron, le télétravail est vu comme un moyen temporaire pour de nombreuses entreprises de poursuivre leur activité. En effet, celles déclarées « d’importance vitale » ont l’obligation de continuer de fonctionner (santé, alimentation, gestion de l’eau, recherches, banques, communication, information…). Les autres sont priés de baisser un temps le rideau. 

 

Aux Etats-Unis, Elon Musk, le patron de Tesla est le premier à exiger de ses employés un  retour sur site en 2022. Cette politique du RTO (Return to Office) ne tarde pas à être reprise en 2024 par Amazon, JP Morgan, Starbucks ou encore Boeing. En France, Amazon, Publicis et Ubisoft se mettent au diapason de ce retour en arrière. 

 

52% des terriens

 

Selon les données du Bureau of Labor Statistics, au premier trimestre 2024, 35,5 millions de personnes aux États-Unis travaillaient à distance, ce qui représente 22,9 % de la population active.

 

En 2023, plus d’un quart des salariés français, soit environ 6,1 millions de personnes, pratiquaient le télétravail au moins occasionnellement. 

 

Si, à l’échelle internationale, il n’existe pas de chiffres précis,  l’Organisation Internationale du Travail (OIT) estimait en 2019 – soit avant la pandémie –  qu’il y avait environ 260 millions de travailleurs « à domicile » (ce qui inclut des télécitoyens, des travailleurs indépendants, etc.), ce qui représentait environ 7,9 % de l’emploi total dans le monde.

 

Des études plus récentes suggèrent que près de 52 % des employés dans le monde travaillent à distance au moins une fois par semaine.

 

48% des français lors du Covid

 

Lors de la pandémie de Covid, on estime qu’au moins 48% de la population française a travaillé au moins une fois à domicile. Ils n’étaient que 22% en 2019. 

 

A titre de comparaison, aux Etats-Unis, ils étaient 9 millions à travailler depuis leur domicile, soit 5,7% des travailleurs nationaux.  En 2021, ce taux est passé à 17,9 % ( soit 27,6 millions de personnes) pour ceux qui travaillaient principalement de chez eux).

 

En 2020, pendant le pic de la pandémie, le nombre de télétravailleurs à l’échelle mondiale (estimé à 260 millions avant la pandémie) aurait presque doublé, : soit près de 560 millions de personnes travaillant de chez elles à un moment donné.

 

+13% ou -30%

Selon les études publiées en 2015 par Nicholas Bloom, le télétravail serait une bonne solution pour permettre une meilleure concentration ainsi qu’une plus grande satisfaction au travail. Celle-ci pourrait s’améliorer de 13% selon l’auteur. 

 

Reste qu’une autre étude signée Morikawa a observé au contraire une chute de productivité de 30% dans des entreprises japonaises durant les premiers stades de la pandémie de Covid. Une moindre efficacité qui s’expliquerait selon l’étude par un effort accru en communication et en coordination avec les collègues. 

 

Plus récemment, une étude du Forum Mondial de  l’OCDE sur la productivité a insisté sur le fait « qu’une forte adoption du télétravail et une productivité élevée ne sont manifestement pas incompatibles. » Les chercheurs ont toutefois découvert que les entreprises les plus performantes en matière de télétravail étaient celles où le management était rompu à l’exercice, en particulier dans des entreprises innovantes. Ils ont en outre découvert que la productivité croit jusqu’à deux jours de télétravail effectif par semaine mais chute au-delà. 

 

1,7 jours/semaine

 

En 2025, selon un rapport du groupe Alpha, le nombre moyen de jours de télétravail par semaine est estimé en France à 1,7 jour.

 

Aux Etats-Unis, l’étude ifo/EconPol (2023) donne une moyenne d’1,4 jour par semaine de télétravail pour les salariés à temps plein.

 

45%

 

Avec le Covid, le télétravail s’est érigé en argument de fidélisation des collaborateurs. En effet, il s’est imposé comme une option incontournable pour des travailleurs désireux de mieux gérer leur équilibre vie pro-vie perso. 

 

Ainsi, en France, près de la moitié des cadres (45 %) ont déclaré dans une étude APEC être prêts à démissionner si l’accès au télétravail leur était totalement supprimé. 

 

Aux Etats-Unis, une étude du FTI Consulting révèle que 70 % des collaborateurs en télétravail ou en mode hybride (alternant phases de présentiel et de travail à distance) seraient susceptibles de chercher un nouvel emploi si leur entreprise exigeait un retour au bureau à temps plein. 

 

Pew Research Center va plus loin. Ainsi, parmi les employés dont le travail peut être réalisé à distance, 46 % des sondés indiquent qu’ils “ne seraient pas susceptibles de rester” dans leur job si le télétravail était interdit.

 

Si les dirigeants des entreprises américaines, Elon Musk en tête, semblent pouvoir revenir en arrière sans grands heurts, en France, le télétravail s’ inscrit durablement dans la vie quotidienne des professionnels. Il reste toutefois un outil à utiliser avec parcimonie, celui-ci étant susceptible de d’accentuer les inégalités sociales entre ceux qui peuvent télétravailler et ceux qui ne le peuvent pas (métiers, manque d’équipement…

 

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Photo à la Une : Unsplash

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