Depuis plus de quarante ans, les Etats-Unis et l’Iran entretiennent une relation des plus tendues. Si les liens entre les deux pays restent l’un des dossiers les plus sensibles de la scène internationale, de nouveaux pourparlers indirects ont repris à la fin de l’année dernière…
Une rivalité enracinée dans l’histoire
La fracture entre les Etats-Unis et l’Iran remonte à la révolution islamique de 1979, qui a entraîné la chute du Shah, allié de Washington, et l’instauration d’un régime hostile à l’influence américaine. Depuis cet épisode, les deux pays ne parviennent plus à entretenir de relations diplomatiques directes et se sont opposés à de multiples reprises, que ce soit sur les conflits régionaux, les sanctions économiques ou le programme nucléaire iranien.
Ce même dossier nucléaire constitue depuis le début des années 2000 le principal point de friction : les puissances occidentales craignent que le programme iranien ne débouche sur la fabrication d’armes atomiques, une perspective que Téhéran dément pourtant systématiquement.
Cependant en 2015, le Joint Comprehensive Plan of Action, un accord international majeur, est signé entre l’Iran et plusieurs puissances dont les Etats-Unis. Il impose des limites strictes aux activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée progressive des sanctions. Mais l’équilibre se rompt en 2018 lorsque Washington se retire de l’accord, estimant qu’il ne suffisait pas à empêcher l’Iran de se doter à terme de l’arme nucléaire.
Depuis la fin de cet accord, la situation n’a cessé de se dégrader. L’Iran a progressivement et largement accru ses capacités d’enrichissement d’uranium et réduit sa coopération avec les inspecteurs internationaux. Cela a renforcé les inquiétudes d’une possible militarisation du programme nucléaire alors même que les Etats-Unis ont accentué les pressions diplomatiques contre le pays.
Les tensions ont culminé l’année dernière avec les frappes israéliennes contre des installations iraniennes et des opérations militaires impliquant également les Etats-Unis, suivies d’une suspension partielle de la coopération iranienne avec l’Agence internationale de l’énergie atomique et d’un retour de sanctions internationales.
Des négociations difficiles
Depuis 2025, plusieurs cycles de négociations indirectes ont eu lieu, notamment à Oman, avec comme objectif un nouvel accord limitant les capacités nucléaires iraniennes en échange d’un allègement des sanctions économiques.
Ces discussions restent cependant marquées par des divergences profondes. Washington exige des restrictions strictes sur l’enrichissement d’uranium et souhaite inclure d’autres sujets, comme les missiles balistiques et l’influence régionale de l’Iran.
De son côté, Téhéran insiste sur son droit à l’enrichissement et sur la levée préalable des sanctions.
Si les pourparlers se poursuivent encore en 2026 via de nouveaux échanges indirects et des initiatives diplomatiques, aucune avancée décisive n’est réalisée à ce stade.
Des tensions qui dépassent la question nucléaire
Malgré cette confrontation autour du nucléaire, la rivalité entre les États-Unis et l’Iran reste aussi marquée par la lutte d’influence au Moyen-Orient, les jeux d’alliances militaires et le contrôle des routes énergétiques.
La zone du détroit d’Ormuz, un passage clé pour le transport mondial de pétrole, reste un point de tension récurrent, Washington mettant régulièrement en garde contre les risques pour la navigation.
Par ailleurs, les États-Unis accusent régulièrement Téhéran de soutenir des groupes armés dans la région pendant que l’Iran dénonce la présence militaire américaine et les sanctions comme des instruments de pression politique.
Les relations entre Washington et Téhéran sont également influencées par l’évolution du contexte régional mais aussi international : les experts soulignent que l’absence d’accord durable pourrait entraîner soit une accélération du programme nucléaire iranien, soit une confrontation militaire directe.
Dans ce contexte, la diplomatie apparaît comme une nécessité. Mais au cours des derniers mois, les déclarations de Donald Trump ont contribué à maintenir un climat d’incertitude autour du dossier iranien : si, un jour, l’ouverture diplomatique est de mise, des menaces de fermeté surgissent le lendemain. Le président américain s’est dit plusieurs fois « assez proche d’un bon accord », tout en prévenant qu’un échec des négociations pourrait déboucher sur un conflit majeur. Il a également déclaré que l’Iran souhaitait négocier et que des contacts avaient eu lieu en vue de possibles pourparlers sur le nucléaire.
Dans le même temps, Trump a continué d’exercer une pression importante sur Téhéran, rétablissant des mesures économiques et avertissant que l’Iran s’exposerait à de graves conséquences en cas d’échec des discussions ou de poursuite du programme nucléaire sans concessions. Plus récemment encore, l’administration américaine a renforcé cette stratégie de pression avec de nouvelles mesures économiques et des avertissements liés à la sécurité maritime dans le fameux détroit d’Ormuz.
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