Milano Cortina 2026 : un coup d’envoi olympique spectaculaire

Vendredi 6 février, l’emblématique Stade San Siro a vibré à l’unisson du lancement des Jeux Olympiques de Milan-Cortina. L’hôte italien a livré une cérémonie d’ouverture plus conventionnelle et plus étendue que Paris 2024 tout en multipliant coups d’éclat et moments de grâce entre l’hommage à Giorgio Armani, et les prestations des artistes Andréa Bocelli, Mariah Carey ou l’actrice de la série The White Lotus, Sabrina Impacciatore.

 

Depuis vendredi, la quinzaine olympique de Milano Cortina, soit la XXVᵉ édition des Jeux Olympiques d’hiver, est officiellement ouverte. 

 

Du 6 février au 22 février, trois régions transalpines (Lombardie, Vénétie et Trentin-Haut-Adige) vont accueillir certaines disciplines des Jeux Olympiques d’hiver avec pas moins de 8 localités hôtes. 

 

Cette fragmentation multi-sites – qui contraste fortement avec Paris 2024, voulu par les organisateurs afin d’offrir les Jeux au plus grand nombre– vise également à limiter la facture finale en optimisant l’utilisation de infrastructures préexistantes pour organiser les différentes épreuves.

 

La cérémonie d’ouverture regardée par plus de 2 milliards de personnes dans le monde, dont 60 000 dans le stade San Siro de Milan – avant sa destruction prochaine pour laisser place au Stado Milano – a elle aussi bénéficié de cette philosophie avec une cérémonie se déroulant simultanément à Milan, Cortina, Predazzo et Livigno. Une grande première dans l’histoire des Jeux Olympiques d’Hiver. 

 

Pour l’Italie, il fallait bien rivaliser avec l’édition parisienne des Jeux d’été, d’autant que l’Hexagone doit organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2030 dans les Alpes. Aussi, le pays de la Botte a également opté pour des vasques personnalisées ou encore pour un village olympique qui sera reconverti en logements étudiants et commerce, une fois les festivités terminées

 

Un spettacolo d’arte

 

Dans un style plus conventionnel, avec une vraie parade des athlètes, l’Italie a montré qu’elle n’avait rien perdu de son sens du spectacle, héritage de l’Empire Romain. La cérémonie d’ouverture a tenté de retranscrire sur le thème de “l’Armonia” (l’harmonie) tout le génie créatif italien, de la mode, en passant par la musique, le design et même la gastronomie, la cuisine ayant obtenu son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

 

Outre la peinture, avec un tableau se référant à Léonard de Vinci, la musique et l’Opéra étaient bien évidemment de la partie avec les mascottes aux têtes XXL de Verdi, Puccini et Rossini

 

© Fondazione Milano Cortina

 

Et comme souvent avec les Italiens, le décorum n’implique pas nécessairement la rigidité, au contraire même. C’est ainsi que Mariah Carey a été choisie pour interpréter un standard de la variété italienne des années 1950, écrit et composé par Domenico Modugno, Nel blu dipinto di blu (« Dans le bleu peint en bleu » ), plus connu sous le titre de Volare

 

La chanteuse américaine Mariah Carey se produit lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver Milano Cortina 2026 au stade San Siro de Milan, dans le nord de l’Italie, le 6 février 2026. Piero Cruciatti/ AFP via Getty Images), Courtesy of Roberto Cavalli

 

Icône intemporelle au carré blond, Raffaella Carrà, connue notamment pour son hit disco “A Far l’amore comincia tu” (Commences par faire l’amour en italien), sorti en 1976, a également fait l’objet d’un hommage. Celle d’une showgirl qui a réussi à déniaiser l’Italie des années 1970, n’hésitant pas à apparaître à la télévision ventre nu. 

 

Luciano Pavarotti était sans conteste l’autre ombre bien présente lors de la cérémonie. Son Nessun Dorma, tiré de l’opéra Turandot de Puccini, a été réinterprété par un autre maestro de la voix, Andrea Bocelli

 

Enfin, LA STAR de la pop italienne et autre chanteuse à voix de la soirée – au style plus lacrymal que Mariah Carey, révélée au festival de San Remo avec son titre La Solitudine (1993), Laura Pausini a eu l’honneur d’interpréter Inno di Mameli (« Hymne de Mameli »), l’hymne national italien. Une interprétation qui avait d’autant plus de sens que le président de la république italienne, depuis 2015, Sergio Mattarella, avait fait le déplacement au stade milanais. 

 

Autre compatriote, célèbre à l’international et  plus particulièrement outre-atlantique, Sabrina Impacciatore a marqué les esprits avec un tableau de danse au son notamment d’Adriano Celentano,  sur l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver de la première édition à Chamonix à 1924 à aujourd’hui. L’actrice (également présentatrice) est connue pour son rôle dans la saison 2 de la série Netflix The White Lotus, laquelle a été tourné à Taormina en Sicile. Elle a également été repérée dans une autre série : le spin-off de The Office, The Paper. Sur le site officiel des Jeux Milano-Cortina, les organisateurs insistent sur son incarnation par son jeu de “l’Armonia, une forme de créativité italienne contemporaine, capable de conjuguer profondeur et légèreté, ironie et gravité, dans un langage universel.”

 

Enfin, simulant un problème technique,  l’actrice et animatrice populaire de la télévision italienne Brenda Lodigiani a montré que l’Italie maîtrisait l’autodérision avec un sketch muet sur la “langue des signes italienne”, les italiens recourant beaucoup à la gestuelle pour exprimer certaines idées ou émotions. 

Hommage au savoir-faire italien

 

Nation réputée pour son artisanat mode et maroquinerie prisé par les grands du luxe français, l’Italie ou plutôt le made in Italy a certes été malmené ces derniers mois par une série de scandales de mauvaises conditions de travail. 

 

La cérémonie d’ouverture a cependant mis en valeur la création transalpine avec une attention particulière apportée à Giorgio Armani, le maître italien de la couture, décédé à l’âge de 91 ans le 4 septembre à Milan, quelques mois avant une autre légende de la mode, Valentino Garavani, parti le 19 janvier. 

 

© Fondazione Milano Cortina

 

L’élégance sartoriale du “Re Giorgio” (le roi Giorgio) a pu prendre part au rituel olympique de la remise du drapeau à la garde d’honneur. Une soixantaine de mannequins en tailleurs-pantalons monochromes Giorgio Armani, aux couleurs du drapeau italien, se sont ainsi avancés vers l’unité d’élite des carabinieri, le Reggimento Corazzieri, garde d’apparat de la présidence de la république italienne. 

 

Ce cortège solennel aux couleurs vibrantes était fermé par une Vittoria Ceretti, vêtue d’une robe Armani Privé sur mesure. Mannequin emblématique de la scène mode et compagne de l’acteur américain Leonardo Dicaprio, elle est également l’ambassadrice star de la dernière campagne de la Maison de couture italienne, fondée en 1975. Emporio Armani, sa ligne plus contemporaine a d’ailleurs fourni la tenue des athlètes italiens. Certains commentateurs n’ont pas manqué la comparaison avec les Jeux Olympiques de Turin de 2006, où la mannequin d’origine italienne Carla Bruni avait également porté le drapeau italien et arboré une création similaire et même… en plus ouvragée. 

 

© SGP

 

Nombre d’artistes présents lors de la cérémonie d’ouverture arboraient des tenues de l’écosystème Armani, à l’instar de Laura Pausini en Giorgio Armani Privé, du pianiste Lang Lang et de la concertiste Cecilia Bartoli en Giorgio Armani. 

 

Parmi les autres signatures italiennes bien présentes lors de la cérémonie, on peut citer Moncler, qui outre la tenue des athlètes brésiliens est derrière la doudoune argentée qu’arborait la première silhouette annonçant chaque délégation, Roberto Cavalli pour la robe de Mariah Carey ou encore Emilio Pucci (LVMH) à l’origine de la combinaison de ski vintage de Sabrina Impacciatore.

 

Légendes vivantes du sport

 

En principe grande surprise du direct, l’identité des deux légendes du sport du pays hôte embrassant la vasque olympique était finalement un secret de polichinelle pour cette édition. 

 

A Milan, il s’agissait du skieur alpin Alberto Tomba dit “Tomba la bomba”, 59 ans, détenteur de trois titres olympiques (slalom et slalom géant à  Calgary en 1988 et slalom à Albertville en 1992), troisième skieur de l’histoire en nombre de victoires. Il était en tandem avec la skieuse Deborah Compagnoni, 55 ans, lauréate de trois titres olympiques (Super-G à Albertville en 1992, Slalom géant à Lillehammer en 1994 et Slalom géant à Nagano en 1998) et trois fois championne du monde. A Cortina, c’est Sofia Goggia, 33 ans, championne olympique en titre de descente, qui a eu cet honneur. 

 

Reprenant le concept de Paris 2024, les italiens vont pouvoir se recueillir et célébrer les Jeux Olympiques avec deux vasques ou “chaudrons” réparties entre Milan et CortinaLe premier est situé sous l’Arco della Pace à Milan, tandis que le second se trouve sur la Piazza Angelo Dibona, à Cortina d’Ampezzo. 

 

Au total, ce sont 2900 athlètes provenant de 92 nations qui vont s’affronter pendant ces quinze jours de compétition. Parmi les délégations les plus importantes pour ces jeux d’hiver on compte les Etats-Unis (293), Canada (210), l’Italie (196), l’Allemagne (189) et la Suisse (175). La France en compte, quant à elle, 162.

 

La cérémonie de clôture doit se dérouler dans l’amphithéâtre romain de Vérone le 22 février. A l’heure actuelle, seul le premier danseur de la Scala de Milan Roberto Bolle a été confirmé.

 

© Fondazione Milano Cortina

 

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Photo à la Une : Elsa/Getty Images

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