Guerre au Moyen-Orient : les influenceurs à Dubaï dans le viseur

Depuis la guerre au Moyen-Orient, caractérisée par une escalade entre l’Iran, Israël et les États-Unis, beaucoup d’influenceurs installés à Dubaï sont vivement critiqués sur les réseaux sociaux après des demandes de rapatriements express à la suite de bombardements sur la ville, souvent décrite comme la reine de l’évasion fiscale.

 

Depuis plusieurs années maintenant, nombreux sont les influenceurs, notamment de télé-réalité, à s’être installés à Dubaï. Si le soleil, la sécurité et la quête de tranquillité (par rapport à une notoriété difficilement contrôlable au quotidien en France) ne sont pas à remettre en question, la fiscalité de l’émirat reste une variable non négligeable. Absence d’impôt sur le revenu, très faible taux d’imposition sur les sociétés, TVA bien moindre qu’en France… Véritable paradis fiscal, Dubaï est ainsi devenu le QG de nombreux créateurs de contenus.

 

Maeva Ghennam suscite la polémique

 

Week-end sur un yacht, restaurants gastronomiques, écoles privées prestigieuses, immense villa avec piscine, personnel de maison… Pour les influenceurs, la vie à Dubaï semble on ne peut plus luxueuse et tranquille. Et peu d’entre eux se cachent de ce lifestyle privilégié, critiquant même tous les désavantages de vivre en France, leur pays d’origine. Mais depuis que l’Iran a ciblé des États du Golfe en représailles aux attaques américano-israéliennes, le discours a bien changé.

 

Certains influenceurs ont suscité une grosse polémique avec des phrases maladroites. Notamment Maeva Ghennam, connue pour ses participations dans l’émission de télé-réalité Les Marseillais. Habituée aux stories Snapchat et aux vidéos Instagram et TikTok où elle expose son quotidien et réalise de nombreux placements de produits auprès de son audience francophone, elle a filmé les missiles visibles dans le ciel de Dubaï depuis sa terrasse au début de la guerre. « Oh mon Dieu, il y a un missile au-dessus de chez moi » expliquait-elle, paniquée et apeurée, en story.

 

 

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Peu de temps après, on la voyait, passeport dans le soutien-gorge, appeler l’État français : « La France, protégez-nous… On est Français ». Sa demande d’être rapatriée a encore plus fait grincer des dents les internautes alors qu’elle a une interdiction de quitter les Émirats (« travel ban ») en raison d’une affaire judiciaire locale. Il y a quelques jours, l’influenceuse indiquait encore dans une vidéo « ne pas pouvoir dormir », suivie par une autre story où elle communiquait sur un produit avec un code promo.

 

Des contenus qui n’ont pas manqué de faire réagir le public. De nombreux commentaires accusent Maeva Ghennam d’être hypocrite, elle qui a toujours vanté la vie à Dubaï, affirmant qu’elle ne rentrerait jamais vivre en France. Sur Instagram, l’influenceur Bastos a notamment réagi : « Bah, maintenant tu te débrouilles et si tu veux revenir, tu paies ». Sur le plateau de Cyril Hanouna, il a renforcé son discours en mentionnant : « Cette affaire m’a fait marrer […] Elle dit : « Je paie des impôts ». On sait qu’elle a laissé une vieille société quasi morte en France sur laquelle elle paie un peu d’impôts pour la société, mais la majorité de ses impôts, qui devraient être payés, ce sont des impôts sur le revenu. Ses revenus, elle les touche là-bas […] c’est la grande arnaque ».

 

 

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Le youtubeur Tibo Inshape, sans citer de noms, a lui aussi ri de cette situation : « Les influenceurs de Dubaï, finalement, on est bien en France, n’est-ce pas ? » tout en dénonçant l’hypocrisie fiscale de ces derniers.

 

 

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Beaucoup de commentaires vont en ce sens, moquant certains influenceurs ultra-riches partis volontairement de la France qui demandent de l’aide. « Qu’ils restent à Dubaï », « on espère que le fisc les attend », « quand tout va bien vous critiquez la France, mais quand ça va mal, vous appelez la France »… Quelques messages étaient tout de même plus nuancés : « Elle a peur, c’est normal », « peu importe où on vit, un citoyen français peut demander de l’aide » ou encore « arrêtez de vous moquer, c’est une situation dangereuse ».

 

Les autres influenceurs

 

La polémique a pris une autre dimension lorsque Maeva Ghennam a annoncé avoir été convoquée par la police à Dubaï. Selon plusieurs médias, cette convocation serait liée à certaines de ses prises de parole sur les réseaux sociaux concernant les tensions dans la région. Aux Émirats arabes unis, les lois encadrant l’expression publique et la diffusion d’informations en ligne sont particulièrement strictes : filmer des installations sensibles, diffuser des images d’attaques ou relayer certaines informations sur la sécurité nationale peut être considéré comme une infraction. L’influenceuse a expliqué dans une vidéo ne « pas avoir voulu mal faire », affirmant avoir simplement partagé sa peur face à la situation.

 

Maeva Ghennam n’est pas la seule personnalité française installée à Dubaï à avoir été entraînée dans la polémique. Nabilla, suivie par plusieurs millions d’abonnés, a pris la défense des expatriés installés dans l’émirat en rappelant que la peur face à des bombardements était une réaction humaine.

 

 

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D’autres ont choisi de se faire discrets sur la situation et de faire rapidement leurs valises. Maddy Burciaga et Benjamin Samat, Laura Lempicka et la famille Tanti (partie en vacances à Bali à ce moment-là) ont ainsi quitté le pays. Fraîchement séparés, Jessica Thivenin et Thibault Garcia vivent en revanche toujours à Dubaï avec leurs enfants, tout comme Jazz et Laurent Correia. Pendant la montée des tensions, ils ont continué à publier du contenu sur leurs réseaux, entre sorties à la plage, au restaurant et chez l’esthéticienne, et bien sûr promotion de produits.

 

 

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Dans un autre registre, c’est le contraste entre les images de luxe diffusées quotidiennement par ces influenceurs et la réalité de la guerre dans la région qui a suscité l’indignation. Entre soirées dans des beach clubs, sorties en yacht ou séances de shopping dans les centres commerciaux de luxe, certains créateurs ont continué à publier leur contenu habituel alors que la situation sécuritaire inquiétait une partie de la population. Pour de nombreux internautes, ce décalage illustre une forme de déconnexion, voire d’insensibilité face à un conflit qui touche pourtant directement plusieurs pays du Moyen-Orient.

 

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Photo à la Une : Instagram

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