Après la mort de Silvio Berlusconi, le casse-tête de son héritage

Les dernières volontés de l’ancien Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, décédé le 12 juin dernier, devraient être connues ce 26 juin. L’attention se porte désormais sur la manière dont son vaste empire médiatique et son patrimoine immobilier seront divisés entre ses cinq enfants et sa dernière compagne, Marta Fascina.

 

La situation a des airs de Succession, la série télévisée produite par HBO, qui retrace la transmission d’un empire des médias. Mais ici, il s’agit bien de la réalité, et l’héritage concerne l’empire construit par Silvio Berlusconi, décédé d’une leucémie à l’âge de 86 ans le 12 juin dernier.

 

 

« Il Cavaliere » laisse derrière lui une fortune estimée à 7 milliards de dollars (environ 6,5 milliards d’euros) par le magazine américain Forbes. Homme d’affaires, magnat des médias, sénateur, président du Conseil des ministres à trois reprises, il était considéré en 2021 comme le sixième homme le plus riche d’Italie et le 318e plus riche au monde.

 

Sa fortune provient de sa carrière dans les médias, lorsqu’il a fondé la chaîne de télévision TeleMilano en 1974, puis créé Fininvest, l’une des plus importantes sociétés de portefeuille financières en Italie. Grâce à cette dernière, il contrôlait trois chaînes de télévision (le groupe Mediaset, devenu MediaForEurope), la plus grande maison d’édition italienne (Mondadori), un groupe d’assurances et de banques ainsi que Medusa, la plus grande régie publicitaire italienne. Ces succès lui ont également permis d’investir dans divers clubs de football, d’abord l’AC Milan, qu’il revend à des investisseurs chinois en 2017, puis l’AC Monza.

 

Patrimoine conséquent

 

En 2009, Le Figaro a dressé le bilan du patrimoine de Silvio Berlusconi, qui comprenait « sept somptueuses villas, 63% du holding familial Fininvest qui contrôle un empire médiatique, des intérêts dans l’édition (50% de Mondadori) et l’assurance, une flotte d’avions et d’hélicoptères privés, un yacht de 48 mètres, des biens immobiliers évalués entre 6 et 8 milliards d’euros. Sans compter des comptes en banque en millions. »

 

Ce rapport, auquel il faut ajouter le théâtre Manzoni de Milan, semble aujourd’hui toujours fidèle.

 

Silvio Berlusconi a été le propriétaire de la Villa Certosa, sur la Costa Smeralda dans le nord-est de la Sardaigne. Il décide d’acheter cette villa de 2 600 mètres carrés et de 120 hectares en 1970 à Gianni Onorato, propriétaire de la chaîne La Voce Sarda, avant de la revendre en 2012. Sa valeur est alors estimée entre 450 et 470 millions d’euros.

 

 

Il possède également la Villa San Martino, un ancien monastère d’une superficie de 3 500 mètres carrés situé à Arcore, dans le Nord de l’Italie. La propriété est devenue célèbre en Italie grâce aux soirées “bunga-bunga” organisées par Silvio Berlusconi, durant lesquelles il pouvait être aperçu en compagnie de femmes très sexy. En 2012, il fait l’acquisition pour 21 millions d’euros de la Villa Torno. Située sur les rives du lac de Côme, elle possède un parc de 3 000 mètres carrés et dispose d’un voisinage célèbre. Comme par exemple, celui de George Clooney, Brad Pitt, Madonna, Michael Douglas ou bien encore Robert De Niro.

 

 

Enfin, Silvio Berlusconi loue une grande partie du Palazzo Grazioli, situé au centre historique de Rome.

 

 

À cela s’ajoute également un réseau complexe d’actifs immobiliers, à Milan et au-delà, pour un montant d’environ 650 millions d’euros. La Villa San Martino est évidemment la plus célèbre, où le salon funéraire était également tenu en privé au moment de sa mort. Mais on compte encore la Villa Rovani à Milan et la villa de Lesmo, dans la Brianza !

 

Héritage complexe

 

Avec la mort de Silvio Berlusconi, le jeu de la succession s’ouvre officiellement et aucun héritier n’a réellement été désigné. L’avenir des intérêts financiers de Silvio Berlusconi sera probablement divisé en cinq parts égales pour chacun de ses enfants issus de deux mariages différents. Les experts dans les médias estiment que l’exercice sera particulièrement complexe, car chaque descendant s’est impliqué à des degrés différents dans les projets financiers de feu Silvio Berlusconi. Pour rappel, ses deux premiers enfants, Marina et Pier Silvio, possèdent chacun 7,65 % de Fininvest, tandis que les trois autres se partagent 21,4 % de la société, selon The Post Internazionale.

 

 

Si l’héritage est réparti à parts égales entre les cinq enfants, chacun d’eux recevrait 12,24 % supplémentaires par rapport à ce qu’il détenait auparavant. Mais de cette façon, les trois enfants qu’il a eus avec Lario, sa deuxième épouse – Barbara, Eleonora et Luigi – auraient un total de 58,14 % des actions de Fininvest, l’addition des actions héritées aux 21,42 % déjà possédées. Marina et Pier Silvio, en revanche, se retrouveraient en minorité avec 19,89 % chacun.

 

 

Mais alors, quel sera le sort de Marta Fascina, la dernière compagne du Cavaliere, après leur union symbolique en mars 2022 ? Il est possible que jusqu’à un tiers des actifs du magnat revienne à la députée calabraise, ce qui pourrait rebattre les cartes dans les jeux de pouvoir au sein de l’entreprise milanaise.

 

Selon la presse italienne, il n’est pas certain que les cinq héritiers décident de conserver le contrôle de toutes les sociétés appartenant à leur père, notamment le club de football de Monza, qui pourrait être mis en vente.

 

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Photo à la Une : © Presse

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