Défilé Dior en Inde : savoir-faire, traditions et une pincée de poésie

C’est à Mumbai, en Inde, que Maria Grazia Chiuri a présenté la nouvelle collection Dior de prêt-à-porter automne-hiver 2023. Couleurs, beauté, onirisme, savoir-faire et traditions étaient au rendez-vous.

 

La directrice artistique de la Maison Dior a choisi un lieu emblématique et historique de Mumbaï pour ce défilé : la Porte de l’Inde. Comme une métaphore, cet endroit rempli d’histoire a fait entrer invités et spectateurs dans un univers unique, qui marquera les esprits.

 

Ce défilé grandiose a mis en scène une rencontre flamboyante du savoir-faire à la française avec la tradition et la préciosité des trésors indiens. C’est dans un décor luxuriant, onirique et empli de poésie que les mannequins ont doucement envahi le catwalk, décoré de milliers de fleurs colorées et de petites bougies.

 

 

Quand l’Inde rencontre la France

 

La bande son du défilé est une performance musicale en direct donnée par un orchestre, qui dévoile des musiques et chants indiens traditionnels, pour une immersion encore plus complète et sensorielle. Parce que oui, ici, plusieurs sens sont en éveil. La vue, avec ses nuances de couleurs vives et intenses, l’ouïe avec ces chants indiens et ses mélodies apaisantes, et l’odorat avec l’encens qui parvient presque aux narines de ceux qui suivent le défilé derrière leur écran. Enfin, on a envie d’utiliser le toucher pour découvrir sous la paume de nos mains ces tissus brillants et luxueux, inspirés de la mode indienne.

 

Le casting du podium est à l’image du pays et de sa culture : les mannequins indiens sont  nombreux sur le catwalk, tandis que des stars originaires du pays occupent les premiers rangs.

 

Le défilé commence avec des tons neutres comme le noir, le blanc et le beige. Mais la suite est un véritable festival de couleurs chatoyantes  : vert, violet, rose, jaune, orange, magenta, bleu …

 

Maria Grazia Chiuri s’est inspirée du pantone des couleurs tendance, en les réinterprétant à sa façon et tout en livrant un véritable éventail de teintes vives.

 

Cette collection respire la légèreté, l’élégance, la royauté, mais en même temps la simplicité, si l’on se réfère aux coupes.

 

Certains looks sont tout en sobriété.  Comme ces jupes longues et fluides noires, accompagnées d’un débardeur blanc, ces robes bustier avec une jupe évasée et drapée, simples, mais parfaitement exécutées.

 

 

Les costumes, fluides et confortables, sont parfois monochromes, parfois colorés, tie & dye ou encore dotés du célèbre imprimé propre à la Maison Dior : la Toile de Jouy.

 

Place aux superpositions

 

Ici et là , des robes asymétriques drapées, des saris brodés repensés, des robes imprimées aux motifs floraux, complètement ornées de sequins font penser à de véritables tableaux.

 

 

 

 

Difficile cependant de se projeter dans la saison hivernale avec la plupart de ces tenues, plus adaptées pour un…été indien. Certains vêtements pourraient cependant affronter la brise d’automne ou le froid de l’hiver, comme l’indémodable trench- coat, de petites et longues doudounes matelassées qui font écho au Lady Dior, ainsi que des pulls en laine colorés, qui ne sont pas de refus en ces temps grisâtres…

 

 

La superposition est également de mise dans ce défilé. Comme avec cette robe longue sous une chemise fluide et large, cette doudoune sans manche recouverte d’un trench ou encore ces longues chemises habillées, accompagnées de jupes et de pantalons.

 

 

Les accessoires sont, eux, aussi sobres qu’élégants et sans artifice. La quasi-totalité des mannequins porte un triple collier de perles, synonyme de classe et de raffinement.

 

Des mondes et des modes

 

Ce voyage sur la route de l’Inde, initié par Dior et sa directrice artistique, n’est pas un hasard. Maria Grazia Chiuri suit ainsi les traces de ces prédécesseurs, Gianfranco Ferré en 1997 et John Galliano en 1998, qui s’étaient avant elle, inspirés du pays de Gandhi pour livrer des collections hommage.

 

Par ailleurs, depuis plus de 20 ans, la Maison française a tissé des liens avec ce pays aux mille couleurs et notamment avec le fournisseur Chanakya International, un atelier solidaire dédié au savoir-faire. Depuis quelques années déjà, la designer italienne entretient d’étroites relations avec la Chanakya School of Craft, qu’elle a eu l’occasion de visiter à plusieurs reprises, pour rencontrer les brodeuses et découvrir comment le travail d’orfèvre leur a été transmis. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ces petites mains touchent les vêtements Dior. Elles ont déjà été invitées à plusieurs reprises sur des collections.

 

Dior et ses ateliers font le tour du monde pour faire vivre et découvrir aux invités des univers enchantés et inconnus, tout en exploitant des lieux historiques et somptueux. Après les pyramides égyptiennes de Gizeh, c’est donc au pied de la Porte de l’Inde que la Maison a déposé ses valises. La prochaine destination aura la lourde tâche de rivaliser avec des destinations mythiques.

 

 

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Photo à la Une : ©Dior

Apolline Prulhiere est une jeune journaliste en herbe. Elle se passionne notamment pour la mode et la culture, et s'est récemment découvert un intérêt certain pour l'automobile. Sa plume enjouée se caractérise d'une grande richesse lexique, d'un ton direct et spontané. Son glossaire précis élimine l'incertitude.

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