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Le Château de Montcaud : une renaissance au plus haut de son histoire !

Le Château de Montcaud : une renaissance au plus haut de son histoire !

Le Château de Montcaud vient de décrocher sa première étoile au Michelin. Son chef, Matthieu Hervé, nous régale d’une cuisine créative ancrée dans le terroir. Une excellente adresse pour les esthètes à la recherche d’un havre de paix en Provence.

 

Tout près d’Uzès et du Pont du Gard, le Château de Montcaud offre une parenthèse enchantée en Provence. C’est une adresse que l’on confie volontiers à des amis qui recherchent le calme et l’authenticité alors que la saison bat son plein.

 

Ce joyau du 19ème siècle se niche dans un écrin de verdure, livrant une interprétation idéalisée de la nature comme dans les toiles de Théodore Rousseau.

 

Classée cinq étoiles, cette grande demeure aristocratique est l’un des plus beaux fleurons de l’hôtellerie du Languedoc Roussillon. Mais son passé n’a pas été un long fleuve tranquille…

 

Une histoire familiale à travers les siècles

 

Fortune faite dans le négoce de la soie, Alexandre-Eugène Collain achète un terrain sur la petite bourgade de Sabran pour réaliser le rêve de sa vie : posséder son propre château. L’achèvement de la construction est célébré en 1875. On peut remarquer les portraits du propriétaire, de sa femme et son fils, au rez-de-chaussée de la demeure. A la mort de son père, Florentin Collain assure dignement la succession du Château de Montcaud, dans la même tradition humaniste. Elu maire de Sabran, il encourage l’éducation et la culture ; il s’engage pour améliorer le sort des ouvriers agricoles et des domestiques.

 

« Il aimait organiser des concerts et des bals et convier les gens alentour, les riches comme les pauvres. Mélomane averti, il faisait vivre un orchestre d’une dizaine de musiciens qui animaient notamment ses soirées », nous explique notre hôte, Bertille Saudrais-Petit.

 

Plusieurs propriétaires se succèdent à la tête de cette maison qui sombre progressivement dans l’abandon.

 

Dans les années 90, Rudy Baur acquiert le Château de Montcaud et le transforme en hôtel de charme.

 

En 2016, l’industriel suisse Jürg Witmer achète la Belle Endormie aux enchères. Il confie les rênes à sa fille Andrea et à son gendre, Rolf Bertschi, un hôtelier au succès international.

 

Le vaste programme de métamorphose entrepris par le couple redonne ses lettres de noblesse au Château. Il faut attendre 2018 pour assister à sa renaissance. Aujourd’hui, Sandra Lampée-Baumgartner, d’origine autrichienne, est la Directrice de l’établissement, riche de son expérience dans les plus beaux boutiques hôtels à Paris et au Grand Hôtel de l’Opéra à Toulouse. Elle est toujours heureuse de partager avec les clients ses visites préférées dans la région et les oriente volontiers vers les bons plans de la charmante ville d’Uzès.

 

L’alliance entre l’esprit bourgeois et la modernité

 

Le salon du Château de Montcaud, l’alliance entre l’esprit bourgeois et la modernité © Château de Montcaud

 

On monte allégement la volée de marches de l’escalier double en pierre blonde et l’on pénètre dans une maison chaleureuse. D’emblée ce boutique hôtel annonce une parenthèse intimiste.

 

Les salons ont conservé l’esprit bourgeois du 19ème siècle : parquets en points de Hongrie, plafonds aux moulures ornées de peintures délicates, cheminées en marbre et hauts miroirs dorés, panneaux lambrissés en marqueterie, lourdes tentures encadrant les fenêtres, tableaux de maîtres…

 

Les tapis et le mobilier contemporains apportent une touche joyeuse à cette demeure raffinée à l’ancienne.

 

On remarque l’élégance des luminaires dans l’escalier principal menant aux chambres. Il fallait oser cette installation à la fois ample et aérienne. Ô temps suspends ton vol !

 

La décoration, imaginée par l’architecte d’intérieur Sophie Petit, crée une alliance entre l’esprit bourgeois et la modernité. Pas de luxe ostentatoire, mais une élégance sobre. «Nous avons laissé de côté tout ce qui est superflu. Tout ce qui détourne l’attention. Pour ne garder que la légèreté. Un état de sérénité qui permet de lâcher prise et d’oublier le quotidien. »

 

Chambres, suites et … maisonnette provençale

 

Avec ses 29 chambres et suites, le Château de Montcaud invite ses hôtes à un voyage dans le passé, sans avoir besoin de machine à remonter le temps. Il associe un grand confort avec une tendance à l’épure qui valent à l’établissement deux clefs Michelin, une distinction spéciale mise en place en 2024.

 

Nous recommandons la « Corner Suite Junior », une chambre d’angle très spacieuse dotée de deux grandes fenêtres qui s’ouvrent délicieusement sur le parc. Un canapé moelleux, de jolis meubles en  chêne, un lit King Size. La salle de bains est une pièce à part entière où l’on apprécie de s’attarder. Elle est dotée d’un lustre au plafond, d’une baignoire à l’ancienne et d’une douche avec un ciel de pluie.

 

On ne devine pas immédiatement l’origine des tableaux de différentes couleurs décorant les murs. Mais oui, bien sûr ! Ils sont tissés avec de la soie en clin d’œil au passé de cette région de magnaneries (où on élevait des vers à soie…).

 

Espace privilégié au rez-de-chaussée, la « Suite Collain », portant le nom du bâtisseur du Château, offre une grande hauteur sous plafond. De la baignoire sabot rétro qui trône devant la fenêtre, on peut apprécier la vue bucolique sur le parc.

 

Montcaud compte également des suites Duplex avec balcons et un vaste appartement avec cheminée aménagé dans le Mas.

 

Pour un séjour prolongé en famille, il est possible de louer l’ancienne maison du gardien, à l’entrée du parc. Cette maisonnette provençale de 70 m2, agencée sur deux niveaux, permet de profiter de son indépendance tout en bénéficiant des services hôteliers d’un cinq étoiles.

 

Ici on aime les chiens, les animaux à quatre pattes sont les bienvenus, mais ils n’ont pas accès au restaurant gastronomique. Cela va de soi…

 

Une cuisine créative ancrée dans le terroir

 

Service en terrasse au Cèdre de Montcaud, le restaurant gastronomique. © Delphine Constantini

 

Les fins gourmets sont ravis de réserver une table au Cèdre de Montcaud qui vient de décrocher sa première étoile lors de l’édition 2024 du guide rouge.

 

Matthieu Hervé, globe-trotter de la haute cuisine, met son expérience au service du Château de Montcaud. Il a travaillé au Negresco à Nice, à Courchevel aux côtés d’Enrico Bernardo, meilleur sommelier du monde, auprès de Daniel Boulud à New-York et Montréal, avec pour dernier mentor Peter Knogl au Cheval Blanc à Bâle.

 

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« Avec ma femme que j’ai rencontrée au Negresco, nous nous plaisons dans notre maison près du Château. C’est la région idéale pour construire une vie de famille », se réjouit le chef, 37 ans, papa d’un jeune enfant.

 

Originaire de Normandie, Matthieu Hervé n’oublie jamais sa passion pour le poisson et les fruits de mer. Il propose une cuisine créative ancrée dans le terroir. Il régale de son tourteau bleu à la mangue, de son thon rouge aux figues et courgettes, d’une selle d’agneau aux algues, d’un biscuit au chocolat accompagné d’une glace aux myrtilles.

 

Si les différents agrumes du potager ou le miel des dix-sept ruches de la maison se font la part belle dans les assiettes, les produits issus du maraîchage se veulent locavores. Le pigeon des Costières de Nîmes s’impose en plat signature 100% gardois et s’habille de foie gras et de truffes en saison.

 

La cuisine de Matthieu Hervé se déguste également au « Bistro », à l’ombre des platanes, pour un déjeuner léger ou un dîner décontracté. Un menu de trois plats pour 54 euros rend accessible cette table aux allures de guinguette. Les habitués aiment savourer la côte de bœuf, la bouillabaisse ou les moules frites. On apprécie le filet de taureau de Camargue aux pommes de terre fondantes, carottes fanes et girolles. Il y a du monde à Montcaud pour se sustenter, y compris les jours de semaine.

 

A l’ombre des cèdres et des séquoias

 

La piscine du Château de Montcaud chauffée à 29 degrés © Delphine Constantini

 

Le parc est un enchantement pour se promener, rêver, méditer …

Alexandre-Eugène Collain, qui se rêvait en châtelain accompli, avait fait planter sur son domaine 140 espèces d’arbres du monde entier. Les époux Bertschi ont découvert un bois qui ressemblait à une jungle. Ils ont eu la bonne idée de demander à l’arboriste Marc Brillat-Savarin de lui redonner sa beauté d’antan en s’appuyant sur les plans originaux. Cèdres du Liban, séquoias, pins parasol et autres ginkgos offrent une ombre bienvenue quand le soleil du sud tape fort. Près d’une grotte historique, un petit bijou caché, le croassement des grenouilles et le chant des oiseaux ajoutent au charme de l’endroit.

 

Devant le Château, le bassin d’agrément couvert de nénuphars sert d’abri aux poissons rouges. La parfaite image de carte postale !

 

Le parc de Montcaud abrite aussi une grande piscine extérieure chauffée à 29 degrés, un court de tennis et un terrain de pétanque. On profite « d’un food truck» pour commander un cocktail ou l’on enfourche un vélo électrique pour s’évader dans les environs.

 

Et s’y on y allait ?

Château de Montcaud

Hameau de Combes 30200 Sabran

Chambres à partir de 296 euros

Tél : + 33 4 66 33 20 15

www.chateaudemontcaud.com

 

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Photo à la Une : Le château de Montcaud vient de décrocher sa première étoile lors de l’édition 2024 du guide rouge. © Château de Montcaud


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