Où en est l’IVG dans le monde ?

Ce vendredi 8 mars, en cette Journée de la Femme, le président Emmanuel Macron participe à la cérémonie de scellement du texte qui inscrit l’IVG dans la Constitution française. Une première mondiale qui restera gravée dans l’histoire du pays. L’occasion de faire un point sur la situation de l’interruption volontaire de grossesse à l’international.

 

La première semaine de mars est on ne peut plus symbolique pour la France. Lundi 4 mars, le Parlement réuni en Congrès a approuvé le projet de loi permettant d’inscrire l’IVG dans la Constitution. Cette avancée sociale, engagée en 1975 par la loi Veil dépénalisant l’avortement, se veut être un marqueur fort en faveur du droit des femmes à disposer librement de leur corps. Et aujourd’hui, le président Emmanuel Macron et le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti sont chargés d’apposer un sceau de cire sur le texte qui constitutionnalise l’avortement lors d’une cérémonie de scellement.

 

© Gayatri Malhotra / Unsplash

 

La France devient ainsi officiellement le premier pays à promouvoir le droit des femmes à disposer de leur corps directement dans sa Constitution. Protégée par la loi chez les uns, restreinte ou interdite chez les autres, l’interruption volontaire de grossesse n’est pas pour autant définitivement acquise dans tous les pays comme dans l’hexagone. Passage en revue de la place de l’IVG dans le monde en ce 8 mars 2024, date de la Journée internationale des droits des femmes.

 

Les pays garantissant l’IVG sans justifications

 

Observant depuis trois décennies les évolutions législatives de l’IVG dans le monde, l’ONG américaine Center for Reproductive Rights a dressé un bilan de la situation de l’IVG à l’international en janvier 2024. L’organisme a précisé que 77 états autorisent actuellement l’avortement sans restriction autre que la durée de gestation, qui diffère selon les pays.

 

Parmi eux, on trouve la majorité des pays européens. De l’Espagne à l’Autriche en passant par la Roumanie et la Norvège, le continent se veut favorable aux avortements sur demande, sans aucune justification à fournir.

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C’est aussi le cas au Canada, en Argentine, en Colombie, en Afrique du Sud, au Bénin, en Tunisie, en Chine, en Russie, au Kazakhstan, au Vietnam ou encore en Australie.

 

Certains pays demandent des justifications

 

Selon le Center for Reproductive Rights, 40% des femmes dans le monde vivent dans un pays qui restreint ou interdit leur droit à l’IVG. Et parfois, même si cette dernière est autorisée, certains pays ne la tolèrent qu’en présence de justificatifs.

 

Pour les pays qui limitent cet accès, on trouve deux cas de figure : la justification médicale pour des raisons de santé physique ou mental ou des raisons thérapeutiques, et la justification socio-économique, si l’environnement de vie de la femme ne permet pas l’arrivée d’un enfant.

 

La justification médicale concerne ainsi 47 pays dans le monde, comme dont le Pérou, la Bolivie, le Maroc, l’Algérie, le Cameroun, la RDC, la Pologne, l’Arabie Saoudite, le Pakistan et la Malaisie.

 

La justification socio-économique est demandée par 12 pays et territoires. On trouve l’Ethiopie, la Zambie, le Royaume-Uni, le Japon, l’Inde et Taïwan.

 

© Gayatri Malhotra / Unsplash

 

Un accès à l’IVG si la vie de la femme enceinte est en péril

 

44 pays acceptent les raisons de santé pour justifier le recours à l’avortement. Le Brésil, le Chili, le Mali, la Tanzanie, la Syrie, la Libye, le Soudan, les Emirats arabes unis, l’Iran, l’Afghanistan, le Sri Lanka, la Birmanie, l’Indonésie font partie des pays qui permettent l’accès à l’IVG si et seulement si la vie de la femme enceinte est menacée.

 

L’interdiction absolue

 

21 pays sont concernés par la catégorie interdisant toute interruption volontaire à la grossesse : la République Dominicaine, la Mauritanie, le Sénégal, Madagascar, le Congo, l’Egypte, les Philippines, l’Irak ou encore le Laos.

 

Si la situation de l’IVG diverge selon les pays, comme le montrent ces données, elle reste plus menacée que parfaitement acquise sur l’ensemble du globe. D’autant plus lorsqu’on observe l’évolution de l’avortement aux Etats-Unis. En effet, le 24 juin 2022, la Cour Suprême américaine a révoqué l’arrêt Roe v. Wade qui protégeait le droit à l’avortement dans tout le pays. Désormais, les Etats du territoire peuvent mener leur propre politique quant à l’IVG. L’avortement est désormais interdit dans 14 états, comme l’Alabama, le Texas et la Louisiane, et en danger dans le Montana, l’Indiana ou encore l’Ohio. Alors que certains Etats ont quant à eux restreint ce droit, d’autres l’ont étendu pour le préserver davantage.

 

© Gayatri Malhotra / Unsplash

 

L’accès à disposer de son corps est encore incertain pour les femmes, encore trop peu protégées par les lois de leur pays. D’autant plus que, selon Amnesty International, la proportion de femmes ayant recours à l’avortement est quasi-semblable que le pays autorise ou non l’IVG.

 

Dans le monde, les interruptions volontaires de grossesse clandestines restent la troisième cause de mortalité maternelle.

 

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Photo à la une : © Gayatri Malhotra / Unsplash

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