Du 20 au 25 janvier derniers, la Fashion Week masculine de Paris, a levé le voile sur les collections automne-hiver 2026-27. Louis Vuitton, Jacquemus, Hermès… Focus sur les défilés les plus marquants de la saison et l’émergence d’un dandy rock, avec en prime, le retour de la cravate et du slim.
A regarder de près la dernière Fashion Week de Paris, l’homme automne-hiver 2026-27 se veut plus intellectuel et sensible pour ne pas dire sensuel. Entre costume revisité, silhouette slim, motif tartan, cravate et fausse fourrure, l’heure est aux « New Romantics », du nom d’une tribu undergound réputée dans les années 1980 pour son style flamboyant. Décennie actuellement redécouverte par la Gen Z.
C’est un dandy rock à mi-chemin entre silhouette urbaine tout droit sortie des années 2010 et figure du poète maudit à la Oscar Wilde qui se dessine pour l’hiver prochain.
De Louis Vuitton à Dior Homme…
Le premier jour de cette Fashion Week, Louis Vuitton, sous l’égide de Pharrell Williams, a présenté un show à la Fondation de la Maison éponyme à Paris dans un univers à la façon d’un jardin zen contemporain où trônait une maison minimaliste japonisante conçue en collaboration avec Not A Hotel. Une collection sobre aux nuances de beige, de gris et de brun – cette dernière s’illustrant comme la teinte reine de la saison – avec des manteaux longs, des double-boutonnages et un style à la fois élégant et fonctionnel. L’homme fort de Louis Vuitton Homme a réhabilité le jogging autant que la cravate.

Au Musée Rodin, Jonathan Anderson a signé pour Dior Homme un défilé au style résolument intellectuel mais particulièrement théâtrale. Présentée comme l’émergence d’une “nouvelle aristocratie”, la collection mêle références historiques et modernité assumée. Les silhouettes audacieuses jouent sur les proportions, les contrastes et l’éclat des sequins, sans jamais tomber dans l’ostentation.
Ami Paris, a, lui, mis à l’honneur un style résolument parisien emprunt de quelques éléments preppy. Entre les manteaux longs, les blazers et les jeans incontournables, des cravates décontractées, des casquettes et des briquets attachés autour du cou insufflent un côté spontané, libre et presque désinvolte.
Le défilé Issey Miyake s’est tenu au Collège des Bernardins, dans un décor architectural presque méditatif. L’opus explorait des volumes enveloppants et des constructions modulables, centrées sur le mouvement du corps. Ce qui a particulièrement marqué : des pièces qui semblaient changer de forme en marchant.

Rick Owens a dévoilé sa collection dans un lieu brut et minimal, fidèle à son univers, avec une mise en scène volontairement austère. En tant que directeur artistique et fondateur, il poursuit sa vision radicale d’une masculinité sombre et monumentale. Les silhouettes étaient longilignes, presque sculpturales, dominées par le noir et des matières épaisses.
Le show de Yohji Yamamoto s’est déroulé dans une atmosphère feutrée, accentuée par un jeu d’ombres et de lumière très maîtrisé. Le créateur japonais, toujours à la tête de la Maison, a proposé une vision poétique et introspective du vestiaire masculin. Les vêtements flottaient autour du corps, avec des drapés amples et des superpositions monochromes.
…en passant par Hermès, et Jacquemus
Présenté dans un lieu intimiste à Paris, le défilé Dries Van Noten a marqué une nouvelle étape sous la direction de Julian Klausner. Le style a oscillé entre élégance classique et liberté artistique, avec des silhouettes très sensuelles.
Junya Watanabe a pour sa part exploré une fois encore la déconstruction du tailoring masculin. Vestes hybrides, superpositions techniques et références workwear dominaient la collection.
Présenté au Palais Brongniart, le défilé Hermès avait une dimension émotionnelle forte : Véronique Nichanian, directrice artistique historique, signait sa dernière collection pour la maison. Le style restait fidèle à Hermès, entre le luxe discret, les coupes impeccables et les matières exceptionnelles.

La ligne Sacai de Chitose Abe s’est démarquée par son exploration de l’hybridation entre tailoring et sportswear. Les silhouettes semblaient composées de pièces imbriquées, créant une tension constante entre structure et fluidité.
Enfin, Jacquemus a choisi le musée Pablo Picasso pour la deuxième fois dans son histoire. Simon Porte Jacquemus a rendu hommage à l’œuvre de Pablo Picasso, à Paloma Picasso et aux archives de la Maison. Transparence, pois, drapé, épaules arrondies, hanches marquées… Une ode joyeuse et sensuelle du vestiaire masculin et féminin fidèle à l’esprit Jacquemus.
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Photo à la Une : Dior – DR