NOTE DE LA RÉDACTION : cet article a été publié pour la première fois dans le N°11 – Été 2025 de Luxus Magazine.
À peine rentré de Chine, l’énergique Président Directeur Général de Barons de Rothschild continue son périple à travers le monde. Il fera escale en Champagne, le temps d’un été festif et pétillant, avant de mettre le cap sur les Caraïbes et les États-Unis, où la Maison familiale fondée en 2005 poursuit son ancrage.
LUXUS MAGAZINE : L’année 2025 marque les 20 ans de Barons de Rothschild. Avez-vous prévu des évènements pour célébrer ce tournant ?
Frédéric Mairesse : Effectivement, vingt ans, ça passe vite. Pour ma part, j’en ai déjà fait une quinzaine au sein de la Maison. Nous prévoyons de faire venir en juin presque tous nos meilleurs partenaires, qu’ils soient internationaux, français ou locaux pour leur faire découvrir les zones d’exploitation que nous avons construites depuis trois ans et demi sur la côte des blancs, sur Vertus et Oger. Nous allons célébrer tout
cela avec la famille Rothschild au grand complet et allons accueillir tout le monde sur plusieurs jours, du 23 au 26 juin. Il y aura des événements liés aux locaux, aux institutionnels, aux vignerons ainsi qu’à nos fidèles fournisseurs. Déjà soixante-cinq pays se sont inscrits pour venir durant deux jours. Un jour complet est prévu avec les Français pour recevoir les clients de toute la métropole.
LUXUS MAGAZINE : Votre Maison est présente dans 90 pays dans les plus prestigieux hôtels et caves de tables renommées. Après votre arrivée au Ritz Carlton de Langkawi, quels lieux ferez-vous pétiller prochainement ?
Frédéric Mairesse : Nous développons actuellement l’Amérique du Sud avec le Brésil et le Mexique qui n’étaient encore pas très présents dans notre catalogue. Même chose en Afrique, plus particulièrement en Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, au Maroc et au Sénégal, pour ne citer qu’eux. En Asie nous veillons à ce que
tout se passe bien et enfin, en Europe, nous poursuivons notre implantation en Scandinavie où nous pouvons encore nous améliorer.
LUXUS MAGAZINE : Le blanc de blancs est-il plus qu’une signature, votre plus grande fierté ? Et quid du succès de sa version rosée ?
Frédéric Mairesse : Le blanc de blancs, c’est en effet le cœur battant de la Maison, le vin qui a le plus de retours inconditionnels au niveau de la qualité gustative et de l’image perçue, et ce, toutes cultures et pays confondues. C’est un produit que nous mettons en avant et auquel nous croyons depuis le départ, ce qui en fait vraiment le pilier stratégique de la Maison. Sa version rosée amuse pour sa part beaucoup.
LUXUS MAGAZINE : 2025 a été marqué par des remous dans la filière (chute des ventes et intempéries survenues début mai ayant ravagé près de 1000 Ha de vigne en Champagne). Etes-vous malgré cela optimiste ?
Frédéric Mairesse : Par chance c’est passé à 10 km de chez nous, à Vinay. Ceci dit, nous nous attendons à de plus en plus de perturbations climatiques et de plus en plus violentes, de moins en moins prévisibles, à 24 h près. Couvrir les vignobles en Argentine reste possible car les vignes sont hautes à plus de deux mètres. Mais chez nous, elles sont si petites que c’est une autre paire de manches. il faudrait passer des heures à enlever les filets en espérant qu’il n’y ait pas de grêle.
LUXUS MAGAZINE : Sur quelle partition fruitée joueront les accords et les bulles durant l’été 2025 ?
Frédéric Mairesse : J’espère des boissons fraiches et pleines de finesse, des vins élaborés comme on le fait avec la marque de chardonnay et des élevages long qui leur apportent la finesse. Avec la chaleur, j’imagine que les individus apprécieront un vin plus frais , plus minéral que des vins lourds mais ce choix reste lié à la météo. Pour l’apéritif ou le déjeuner, le champagne est apprécié, avec modération bien sûr, car il n’y a pas de tanins, tout comme le rosé qui a toujours du succès.
LUXUS MAGAZINE : Que représente l’inauguration en juin d’un chai et d’un cuvier extraordinaires, en termes d’investissements et d’apport architectural au site de Vertus ?
Frédéric Mairesse : Il y a trois choses. Au niveau architectural, la maison a été bâtie en 1874 dans un style champenois, avec de magnifiques toitures, des chais élaborés à la pierre entièrement taillés à la main et derrière un magnifique clos d’un hectare et demi. Nous l’avons acheté en 2013 alors qu’il était en très mauvais état. Seules les caves avaient été maintenues comme au XIXe siècle, donnant ainsi la possibilité de les utiliser très rapidement. La famille Rothschild a voulu, pour remettre à niveau le bâtiment et les murs, refaire les toitures avec des compagnons du devoir à Reims. Et grande première en champagne pour une cuverie, ils ont réalisé une incroyable charpente en forme de coque de bateau inversée. Au niveau technique, suite à un projet mûri sur quinze ans, nous avons abouti à un outil adapté à la préparation de nos vins : une cuverie qui pourra accueillir 100% de vinification parcellaire. Désormais, nous avons 100% de petites cuves et nous avons encore augmenté cette capacité par de petits contenants, des barriques, demi muids, des œufs et des foudres. Cela représente plus de 12% du volume annuel. Cela va nous permettre de cibler et détailler davantage nos vinifications. Le troisième point, ça reste la magie de la nature : nous avons ressuscité le clos jusqu’ici mal entretenu d’un hectare. Il aura fallu six ans pour le reconstruire et refaire le travail de la vigne tel que nous le voulions. Nous avons arraché la moitié du clos, et nous avons replanté. Cela va donner un chardonnay à 100% vinifié sous bois, un petit volume qui fera la différence. Sa commercialisation est prévue en juillet 2025. Nous réfléchissons à 25 ans, c’est le leitmotiv de la Maison. Surtout quand on connaît l’implication de la famille.
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Photo à la Une : Champagne Barons de Rothschild