Majestueuse et fragile, envoûtante et intemporelle, Venise se dévoile comme un mirage posé sur l’eau. À chaque détour de canal, la Sérénissime murmure des siècles d’histoire, d’art et de splendeur. Entre adresses confidentielles, hôtels mythiques, tables d’exception et expériences hors des sentiers battus, je vous ouvre les portes d’une Venise authentique et raffinée, pensée autant pour les rêveurs que pour les initiés.
Cet été, Venise a fait la une en accueillant le mariage de Jeff Bezos et Lauren Sànchez. L’événement s’est mué en légende contemporaine : palais illuminés, lagune scintillante, invités glissant sur l’eau à la tombée du jour… Une mise en scène spectaculaire, presque irréelle.
Mais ne nous y trompons pas. La Sérénissime n’a pas besoin des fastes d’un milliardaire pour rayonner. Toute l’année, elle célèbre la beauté et l’art de vivre à travers ses grands rendez-vous : le Carnaval en février, l’ouverture de la Biennale au printemps, la Fête du Rédempteur en juillet, la Mostra et la Régate historique en septembre. À Venise, le calendrier lui-même devient une partition.
Ville enchanteresse, Venise est sans équivalent. Unique au monde, sans rivale possible. On y vient pour être ébloui, bien sûr, mais surtout pour être troublé. Venise ne séduit pas, elle ensorcelle. Elle rappelle que le luxe n’est pas l’abondance, mais l’émotion. Ici, chaque matin ressemble à une renaissance, chaque reflet dans l’eau devient un tableau, chaque rencontre une confidence. Venise n’est pas une destination : c’est une initiation.
Le Carnaval, en février, est l’un des plus beaux prétextes pour vivre un moment inoubliable, à condition de jouer le jeu : se masquer, danser, se perdre dans la nuit et rire avec des inconnus devenus complices d’un soir.
Si vous préférez la tranquillité, Venise s’offre à vous, presque secrète pendant la période creuse, entre le Nouvel An et le Carnaval. Truman Capote le résumait avec justesse : « Venise, c’est comme manger une boîte entière de chocolats à la liqueur d’un seul coup ». Tout est affaire de mesure. Inutile de vouloir tout voir, tout cocher, tout consommer. Venise n’aime pas les listes.
Voici malgré tout ma sélection d’adresses et d’expériences mais pour vivre la ville autrement – avec curiosité et audace – en mode dolce vita.
Prendre un motoscafi (bateau-taxi) depuis l’aéroport
Pour rejoindre votre hôtel depuis l’aéroport Marco Polo, rien n’égale le charme d’un motoscafi, le bateau-taxi vénitien par excellence. À bord d’une élégante vedette en teck verni, le voyage devient déjà une expérience. Dès les premières minutes, la lagune opère sa magie : le tumulte s’efface, Venise se dévoile.
Ce taxi privé sur l’eau vous conduit directement au ponton de votre hôtel, dans un confort absolu et une atmosphère cinématographique. Comptez environ 125 € pour 25 minutes de traversée.
Pour une option plus économique, la navette fluviale Alilaguna relie l’aéroport à la ville pour 18 €, grâce à ses quatre lignes desservant les principaux quartiers.
À Venise, même l’arrivée est une promesse : ici, tout semble simple, presque naturel, alors que la ville flotte sur l’eau, un paradoxe qui participe à son charme incomparable.
Poser sa valise à l’Hôtel Gabrielli Venezia, joyau historique
A quelques pas de la Piazza San Marco (place Saint-Marc) et des jardins de la Biennale, l’hôtel Gabrielli s’impose comme l’une des adresses les plus précieuses de la Cité des Doges. Récemment rénové, ce palais du XIVᵉ siècle, classé cinq étoiles, conjugue avec brio héritage historique et élégance contemporaine, dans un décor où chaque détail raconte Venise. Refuge d’intellectuels et d’esprits brillants, le Gabrielli a accueilli Sigmund Freud et Franz Kafka, qui y écrivit de nombreuses lettres d’amour à sa fiancée Felice Bauer. Une mémoire littéraire qui confère au lieu une aura singulière, presque romanesque.

Après sept années d’une restauration ambitieuse, le palais a rouvert ses portes fin août 2025 en sublimant son passé tout en offrant des prestations résolument actuelles. Loin des lobbies standardisés, l’hôtel cultive l’esprit d’un boutique-hôtel, où l’on se sent accueilli comme dans une demeure privée vénitienne. Les matières nobles, les lignes épurées et la lumière omniprésente composent une atmosphère feutrée, raffinée, jamais ostentatoire.
Le restaurant Felice al Gabrielli est une destination à part entière. Le chef Mirko Pistorello y signe une cuisine créative et subtile, inspirée par les trésors du marché du Rialto. Son Risotto Crudo & Cotto dal Mercato del Pesce di Rialto illustre parfaitement cette approche sensible et précise, où chaque assiette devient une expérience sensorielle.

Les 66 chambres et suites, dont la somptueuse Suite présidentielle avec terrasse privée sur le toit, invitent à un luxe intimiste qui ne s’exhibe pas, mais se chuchote.
Le roof top et son sky bar, perchés au 6ème étage, offrent une vue spectaculaire à 360° sur les toits de Venise et la lagune. En contrepoint, le vaste jardin, rare privilège dans la Sérénissime, constitue une oasis de calme absolu.
Hôtel Gabrielli Venice
Chambre à partir de 512 euros
Riva degli Schiavoni 4110 Venise
Tél. : +39 041 84491
Site web : cliquez ici
Parmi les palaces, le mythique Cipriani, situé sur l’Ile de Giudecca est le sommet du chic italien. Un peu à l’écart de Venise, c’est le lieu idéal pour profiter d’un séjour… sans paparazzi. Avec son immense piscine, ses restaurants glamours dont le Cip’s de l’autre côté de l’île, vous voilà en mode VIP et slow life (pour une fois !). Chambre à partir de 1025 euros.

Et pour les petits budgets, nous avons repéré l’hôtel Casa Verardo, une résidence du XVIème siècle, dotée d’un charmant patio ombragé, à 100 mètres de la Place Saint-Marc. Et aussi, La Corte Locanda, un ancien palais vénitien dans le quartier du Castello.
Flâner et se perdre dans les ruelles de Venise
Flâner dans Venise est un acte de résistance. On s’écarte de la foule de la Piazza San Marco et l’on prend la tangente. Sans programme précis et … surtout sans GPS. C’est accepter de se perdre pour mieux se retrouver, souvent dans un campo tranquille ; du linge sèche aux fenêtres ; un vieil homme nourrit ses chats.
Au détour d’une ruelle, notre regard est happé par un mur patiné, une arcade baroque, une église en équilibre précaire… A Venise, la beauté ne cherche pas à séduire, elle est déjà là.
Prévoyez une bonne paire de chaussures, car il n’est pas rare de faire 15 kilomètres par jour. Ici pas de taxi, pas de vélo, pas de trottinette. Mais le vaporetto qui, souvent, se fait attendre et s’arrête à de nombreuses stations.
A Dorsoduro, La Sérénissime respire autrement. Plus lentement. Plus profondément. Les façades se laissent regarder sans fard. On fait son jogging matinal sur les quais de Zattere bordés par le canal de la Giudecca. Dans la journée, les étudiants croisent les collectionneurs d’art, les habitants s’attardent sur les marches des églises.

Castello, quartier vaste et discret, est l’un des derniers bastions de la Venise quotidienne. Des enfants jouent sur la place Santi Giovanni e Paolo tandis que l’on savoure les douceurs de Rosa Salva, la plus ancienne pâtisserie de Venise. Sur le Rio del Paradiso, une maison tient étonnamment debout au milieu du canal.

Du côté de l’Arsenal et des jardins publics, Venise se verdit, s’ouvre, s’aère. On prend un grand bol d’air frais avant d’admirer les œuvres qui sont exposées lors de La Biennale d’art.
A Cannaregio, Venise se fait plus populaire et chaleureuse. On arpente les rues, on traverse les ponts, on pousse la porte du musée Ca’d’Oro. Le soir, les terrasses se remplissent, les verres tintent, les conversations s’étirent. La jeunesse locale aime s’y retrouver.
Le Ghetto impose de ralentir le pas. Créé en 1516, les pierres portent la mémoire, les silences sont pleins. On y trouve des restaurants, des boutiques, des synagogues, des musées … et quelques militaires devant les fresques du Campo di Ghetto Nuovo.
Une douce romance en gondole … mais avec un sandalo
Non, la ballade en gondole n’est pas forcément un attrape-touristes, à condition de savoir la choisir. Loin des grands axes et des canaux surpeuplés, le sandalo offre une approche intime, secrète, de Venise. Plus fin, plus bas sur l’eau, ils ne sont que 19 sur les quelque 450 embarcations recensées dans la lagune.
À bord, la ville change de visage. Le sandalo se faufile là où les gondoles traditionnelles ne passent pas : sous des ponts étonnamment bas, à travers des canaux étroits, silencieux et confidentiels. La cité lagunaire se dévoile alors dans sa version la plus authentique.

Une promenade sur l’eau devient un moment suspendu, presque irréel. Le temps ralentit, l’agitation s’efface. La rame plonge dans une eau lisse. La ville retient son souffle. La magie opère, doucement, naturellement.
Mention spéciale à Lorenzo, gondolier francophone, pour une expérience à bord d’un sandalo . Tel : +39 349 873 4187. Comptez 90 € la demi-heure.
Prendre un verre dans un lieu mythique
S’installer au Caffè Florian, sous les arcades de la place Saint-Marc, c’est s’envelopper dans le passé de l’âme hédoniste de l’Europe. Fondé en 1720, le plus ancien café du monde étire sa terrasse dès les premiers jours de printemps, au son discret du jazz ou de la musique classique. Mais le vrai charme se cache à l’intérieur. Dans les petits salons du XVIIIᵉ siècle, dorés par la lumière et les souvenirs, les serveurs virevoltent avec de lourds plateaux en argent. À l’heure de l’apéritif, on savoure un Spritz, accompagné de cicchetti, ces bouchées vénitiennes qui se dégustent comme des secrets. Le mythe, ici, n’a rien perdu de sa superbe.

À quelques pas de là, Harry’s Bar, est bien plus qu’un bar : c’est un rite de passage. Toujours bondé, il faut souvent se contenter d’un tabouret au comptoir, et c’est tant mieux. L’atmosphère est joyeuse, cosmopolite, propice aux rencontres improvisées. Ernest Hemingway y avait ses habitudes, et le Bellini, baptisé en hommage au peintre vénitien Giovanni Bellini, y est toujours aussi parfait.
À l’écart de la foule, entre deux musées ou une séance de shopping, La Caravella offre une pause hors du temps. Son décor tout en bois, évoquant la navigation d’antan, en fait une adresse chaleureuse. Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre y avaient leurs habitudes. On s’y installe volontiers l’après-midi, loin de l’agitation de la place Saint-Marc.

Pour ceux qui préfèrent prendre de la hauteur, les rooftops offrent un autre visage de Venise. Le toit du mythique hôtel Danieli ou la terrasse aristocratique du Gritti Palace dominent le Grand Canal dans une mise en scène spectaculaire. Plus confidentiel, le rooftop de l’hôtel Gabrielli, séduit par son élégance discrète. On y obtient assez facilement une table en première ligne, face à la lagune. En prime, une vue sublime sur l’Île de San Giorgio Maggiore lorsque le soleil décline et que Venise se teinte d’or.
Assister à un opéra sous les ors de La Fenice
Pousser les portes de La Fenice, c’est entrer dans un théâtre de légende. Née en 1792, deux fois réduite en cendres puis ressuscitée, elle incarne l’âme même de Venise: fragile, flamboyante, éternelle.
Tout au long de l’année, l’Opéra de Venise y fait vibrer ses ors avec des représentations lyriques, des ballets et des concerts qui attirent mélomanes et esthètes du monde entier. Avant le lever de rideau, on s’attarde dans les salons feutrés, on admire les plafonds dorés, on écoute le murmure de la salle qui s’éveille. Le temps semble suspendu.
Pour prolonger la magie, certaines soirées offrent la possibilité de savourer un cocktail dans les salons de La Fenice, notamment durant le Carnaval, lorsque masques et costumes ajoutent une touche de mystère à l’atmosphère.
Autre plaisir : un dîner à la Taverna La Fenice, située juste à côté du théâtre et dont la cuisine est réputée pour sa finesse.

Assister à la messe à la Basilique Saint-Marc
Venise à l’aube est un privilège qui ne s’achète pas : il se vit. La Sérénissime est un murmure. Pas un décor, mais un poème vivant. Les volets sont encore clos, les gondoles sont immobilisées dans la lagune, les pavés humides reflètent un ciel rose pâle. C’est la magie de la Place Saint-Marc déserte.
Nous vous conseillons d’assister à la messe à La Basilique Saint-Marc en entrant par la « porte des fleurs », le dimanche, à 8 heures. La messe est dite en italien, mais il y a des petits fascicules avec des traductions en plusieurs langues à l’entrée. Peut-on espérer mieux pour découvrir cette basilique célébrissime pendant ce moment de recueillement ?
Partager un repas dans un restaurant typiquement italien
A Venise, le choix d’un restaurant est une affaire de lumière, d’heure et d’humeur. Ce n’est pas une hiérarchie, mais une géographie du cœur. Du plus simple au plus raffiné, tout se tient.
Vue sur le Grand Canal à la Trattoria Pontini, nous dégustons de succulentes spaghettis (parfaitement al dente) aux fruits de mer, servies avec élégance par Roberta, la charismatique patronne. Les nappes sont simples, les recettes anciennes, parfois obstinément inchangées.


Au centre de Venise, le Ristorante Rosa Rossa est une institution familiale où se retrouvent les Vénitiens pour déguster un plat traditionnel dans un cadre authentique. L’occasion de savourer les délicieuses tagliolini aglio, olio e peperoncino, calamaretti e taccole, puis un café bien serré et un limoncello. Une table précieuse où la cuisine est le langage du cœur.
Dans le quartier du Cannaregio, en retrait de la horde des touristes, nous avons découvert une pépite : L’Osteria Ormesini.
Mieux vaut réserver si vous voulez être en terrasse. On y sert une cuisine raffinée et inventive et le meilleur tiramisu du monde ! Oui, nous n’hésitons pas à l’écrire. Même les palaces n’ont pu rivaliser avec Ormesini.
Fréquenter les grands musées du Dorsoduro
Dans le quartier de Dorsoduro, Venise semble respirer autrement. Les ruelles s’y font plus calmes, bordées de musées, de galeries confidentielles et de boutiques chics fréquentés par la société vénitienne et les amateurs d’art éclairés.
Depuis le pont de l’Accademia, le regard se pose sur le palais Contarini-Polignac, demeure d’exception où le peintre Roger de Montebello a installé son atelier. Pour en savoir plus sur son univers artistique, lisez cet article dans Luxus Magazine.
Le matin, la Gallerie dell’Accademia offre l’un de ces luxes devenus rares : le silence. Les chefs-d’œuvre de Tintoret, Véronèse et Bellini s’y contemplent presque seuls, sans bousculade ni impatience. Inutile de réserver son billet à l’avance : on prend le temps, on s’arrête, on laisse un tableau nous parler.
Autre halte incontournable : le musée Peggy Guggenheim, une escale culturelle enchantée. Dans cet ancien palais ouvert sur le Grand Canal dialoguent les grandes figures de l’art moderne et surréaliste : Picasso, Kandinsky, Dalí, Mondrian, Jackson Pollock… On s’attarde sur la terrasse face à la lagune, on flâne dans le jardin ponctué de sculptures de Calder, Giacometti, Brancusi avant de croiser la statue équestre, à la fois provocante et amusante de Marino Marini.
La Punta della Dogana offre une expérience privilégiée. Sur réservation, il est possible de bénéficier d’une visite privée de la nouvelle exposition d’un artiste contemporain sélectionné par les équipes de François Pinault (à partir de 60 euros par personne). À la tombée du jour, sur la terrasse des anciennes douanes, un cocktail à la main, l’heure bleue révèle la silhouette parfaite de la basilique San Giorgio Maggiore. Clic Clac : ce soir-là, il est 20h19 précises. Venise retient son souffle. Magique.

Votre billet vous permet de visiter le lendemain le Palazzo Grassi. Même si vous n’êtes pas fan de la programmation, le Palais Grassi est un passage obligé pour admirer l’architecture, la lumière, la lagune.
Faire du shopping … mais uniquement haut de gamme
À Venise, pas de shopping effréné. On cherche l’exception, le geste juste, l’objet chargé de sens.
La Maison Nardi est une institution centenaire, aujourd’hui dirigée par Alberto Nardi, troisième génération d’une lignée d’orfèvres vénitiens. Bagues, broches et pendentifs incarnent Venise dans toute sa splendeur. Les grands de ce monde s’y sont laissés tenter pour célébrer l’amour. Elizabeth Taylor, Marilyn Monroe, Grace Kelly ont porté ses bijoux devenus iconiques.
Dans un registre plus contemporain, on aime les créations d’Alessandro Palwer. C’est une marque de niche, élégante et moderne, qui propose des bijoux au design affirmé, accessibles et subtilement vénitiens.

Les Vénitiens s’enthousiasment pour les colliers en verre ancien de Murano créés par Sigrid de Montrond. « La Belle au Verre Dormant » redonne vie à des éléments anciens, transformés en bijoux, luminaires ou objets précieux. Ses créations sont exposées au Palais Bragadin à Venise ou à la galerie d’art Visconti à Paris. On porte un collier pour une soirée ou on l’expose comme un objet de curiosité, posé sur un meuble. Pour en savoir plus, lisez l’article de Luxus Magazine.
Côté sacs à main, nous avons eu un coup de cœur pour Romi Loch Davis, Vénitienne d’adoption et designer. Ses sacs en passementerie, brodés de fils d’or et teintés des couleurs de Venise, sont d’une rare élégance. Adieu les sacs en cuir qui pèsent trois tonnes ! Ils racontent la dolce vita dans la cité lagunaire. Plus que de simples accessoires, ce sont des fragments de vie cousus avec patience, émotion et intention. Réalisés dans un atelier familial en France, ils se déclinent du sac du soir au fourre-tout. Cette fabrication d’exception (et bien sûr confidentielle) donne un rendu couture, glamour et intemporel. Un sac qui a sa signature, à nul autre pareil !

Envie d’une pièce d’exception en verre de Murano ? Le nec plus ultra consiste à choisir une œuvre imaginée, conçue et sublimée par la Grande Dame du Verre, Maria Grazia Rosin. Flacons, vases, lustres, mais aussi petits personnages énigmatiques inspirés du monde aquatique et animal. Des créations d’une grande finesse, empreintes de poésie. À découvrir dans l’article de Luxus Magazine.
Enfin, les furlane d’Alessandra ne se contentent pas d’habiller le pied. Elles racontent Venise. À l’origine, la furlana était la chaussure humble du gondolier, dotée d’une semelle souple et silencieuse, née de pneus recyclés. Alessandra en réinvente l’esprit à travers des velours profonds – rubis fané, vert lagune, bleu nocturne – qui semblent avoir capté les reflets du Grand Canal. À découvrir dans sa boutique.
Louer un vélo et explorer l’Île du Lido
A quelques minutes de vaporetto de la Sérénissime, l’Île du Lido semble flotter hors du temps, comme un décor de cinéma délicatement patiné. Ici, Venise se fait balnéaire, élégante et légèrement mélancolique, enveloppée d’un charme rétro qui évoque les étés d’autrefois et le raffinement d’une Europe insouciante.
Se promener à vélo, cheveux au vent et lunettes noires, c’est renouer avec la dolce vita. On passe avec émoi devant le mythique Grand Hôtel des Bains (aujourd’hui silencieux mais toujours majestueux) où Luchino Visconti tourna son film Mort à Venise.

Chaque fin d’été, l’île retrouve son éclat mondain avec la Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica, le plus ancien festival de cinéma au monde, né en 1932. Devant le Palais du Cinéma, robes de soirée et smokings redonnent au Lido son allure de station chic, tandis que les flashs crépitent face à la mer Adriatique. Stars et festivaliers se retrouvent à l’hôtel Excelsior qui aurait besoin d’un bon lifting pour être au niveau des palaces de Cannes. Mais le vrai luxe est parfois simplement une atmosphère, des rencontres…
————————————-ET AUSSI A DECOUVRIR————————————-
Prendre la ligne du Vaporetto n°2 pour découvrir la ville et quelque 50 palazzi (palais et demeures aristocratiques), églises, ponts et musées le long du Grand Canal.
Pénétrer dans le Palazzo Ducale, formidable chef d’œuvre de l’art gothique vénitien et découvrez le célèbre Pont des Soupirs des prisonniers qui respiraient une dernière fois l’air de la liberté. D’où son nom !
Visiter le musée Correr, situé sur la place Saint-Marc, dont les riches collections racontent l’histoire de Venise.
Enchaîner les verres de vin, prosecco, spritz dans les bacari, les bars traditionnels vénitiens, debout ou assis au bord d’un canal avec une foule de jeunes gens joyeux qui lèvent volontiers le coude.
Dîner au restaurant Ai Barbacani en réservant l’unique table en terrasse donnant sur le Canal. Un petit cocon romantique idéal pour les amoureux.
Réserver une soirée musicale dans un appartement, le Palazzo Barbarigo Minotto. Une façon originale de vivre l’opéra. A chaque nouvel acte, on se déplace dans une autre salle du palais; l’intermède est agrémenté d’un verre de Prosecco.
Prendre rendez-vous pour une visite privée du Palazzo Fortuny, son jardin et son showroom rattaché à l’usine, sur l’Île de Giudecca.
S’évader une journée sur l’Ile de Murano (rencontre de maîtres-verriers et achats dans les fornaci qui produisent les pièces) ou l’Ile de Burano, la plus jolie île de la lagune avec ses maisons colorées.
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Photo à la Une : Déjeuner d’un couple en terrasse pendant le carnaval de Venise. © Corine Moriou